30 juin 2008
28 juin 2008
25 juin 2008
C'EST L'ETE
Il fait chaud, il fait lourd.
C'est l'été. Eté.
L'être au passé composé. Lettre au passé, composée ?
D'accord.
Cher passé,
Combien j'ai aimé cette vie et tous ses tracas. Cela a dû commencer par de l'amour pur, puis un manque, une absence, comment savoir ? Et puis il y a eu des éternités enfantines, des peurs scolaires, ces gouffres. Je ne savais pas compter au-delà de 9 en maths, les profs non plus en relisant la copie brouillonne. J'ai adoré les lumières et les couleurs, les partages et les sentiments. J'ai adoré décliner les sentiments, constater leurs mutations inéluctables. En prendre mon parti. J'ai aussi donné la vie et j'ai ainsi consenti à accepter l'idée même de la mort. Cette vie est merveilleuse de simplicité. L'été est là, excessif.
19 juin 2008
17 juin 2008
16 juin 2008
5 juin 2008
2 juin 2008
1 juin 2008
30 mai 2008
29 mai 2008
27 mai 2008
Dans ce carnet défilent les jours, les semaines, les saints et les saisons. J'y inscris scrupuleusement la liste des dossiers en cours, les congés des collaborateurs, les dates de réunions, la répartition des travaux entre auteurs. Les vacances.
Cet agenda ne livre rien de mes journées réelles, de ce qui est impalpable. Les rires, les songes, la contemplation furtive d'un ciel gris.
26 mai 2008
Dans Le parti pris des choses, le poète compare l'automne à une tisane froide.
Mai là, c'est le printemps, rien à voir !
Pourtant...
Je filais sous la pluie ce soir, dans les rues bordées d'arbres.
Des arbres épaissis par des kilos de feuilles fraîches, vertes.
Soudain, une odeur de tisane emplit l'atmosphère.
Insolite.
La pluie sur les tilleuls en fleurs, additionnée à la chaleur orageuse avait créé les conditions idéales pour rappeler le parfum des tasses de tisane, si vives sous la lumière crue de la cuisine.
On les buvait, enfant, pour apprivoiser la nuit, avant de regagner les lits de plume aux draps rèches frais.
Obscurité.
Au-dehors, la campagne parlait mystères. Des vers luisants créaient des éclats phosphorescents au pied des tilleuls.
24 mai 2008
22 mai 2008
18 mai 2008
DOUBLE VIE DE VERONIQUECe soir, nous avons revu La Double vie de Véronique.
Avec Irène Jacob, Philippe Volter.
Film de Kieslowski, primé à Cannes.
Musique essentielle de Preisner.
Années 90, tout début.
Cracovie, Clermont-Ferrand, Paris Saint-Lazare.
Deux filles, deux voix, deux pères, deux absences de mère.
Deux marionnettes.
La musique impressionnante, la beauté fraîche d'Irène Jacob, le visage fin et soucieux de Volter.
Les luminosités typiques, le jeu de la caméra.
Pas envie de faire des phrases
Pas envie.
15 mai 2008
Dans le Voyage du Condottière, André Suarès part d'un postulat : si l'on peut tomber fou amoureux d'un être, alors, on peut aimer aussi intensément une ville.
Le Condottière est donc en quête d'une ville, traverse l'Italie et finit par rencontrer Sienne la bien-aimée.
Il n'est pas question de Suarès ici, je sais bien.
Mais d'Henry Miller.
La vie nous fait croiser des êtres, et certaines rencontres sont marquantes.
Etres de chair, êtres d'encre et de papier.
C'est ainsi qu'Henry Miller a pris place dans ma vie.
Cela a commencé comment cette histoire ?
A vrai dire, je crois que des amis me l'ont présenté :
il y avait Cendrars et Durrell, et Anais Nin.
Trois amis de bon conseil.
J'ai été bluffée par la liberté du bonhomme, par l'écriture foisonnante.
Parfois j'en ai eu assez de lui, tant il allait loin.
Mais invariablement je reprenais le fil de ses narrations.
J'ai à cet instant sous les yeux Max et les phagocytes, paru aux Editions du chêne en 1947. C'est un ensemble de nouvelles (dont Via Dieppe-Newhaven, paru depuis en poche dans l'Oeil qui voyage).
Allez, un passage pris au hasard restitue la pensée de Miller (Fragments de la crucifixion en rose) :
"Aller de l'avant en se cramponnant au passé, c'est traîner avec soi les boulets du forçat. Le prisonnier n'est pas celui qui a commis un crime, mais celui qui se cramponne à son crime et ne cesse de le revivre. Il n'est pas un de nous qui ne soit coupable d'un crime : celui, énorme, de ne pas vivre pleinement la vie".


















