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30 juin 2008

GUILLA
A bord de l'Arntena, 10 août 1940.
"Les paysans sont étalés partout sur le pont et mangent des pastèques. Les rigoles ruissellent de jus. Toute une foule énorme qui vient faire le pèlerinage de la Vierge de Tinos."
Lawrence Durrell à Henry Miller
De Big Sur, Californie, 7 avril 1944
"Je vous écris au Caire bien que vous disiez être en ce moment à Alexandrie. J'espère que vous recevrez cette lettre. Ca fait longtemps que je n'ai rien reçu de vous."
Henry Miller à Lawrence Durrell

28 juin 2008

ZODIACAL


J'adore ma montre, pourtant bien ordinaire. Je l'ai achetée par défaut, parce qu'elle était bon marché et sobre à la fois. Tant de montres sont laides. Soit clinquantes, soit apparentées à des pendules de salles de cantine froide.
C'est une montre noire, dont le bracelet en plastique galbé finira par casser.
Il y aura une solution. Louis P. ne peut pas me faire ça !
Le cadran est assez classique. Le jour. Mais la nuit... Waouh ! Chaque heure a son point vert phosphorescent.
Je me plais à placer ma montre dans la pénombre, ou même à éteindre la lumière n'importe où, juste pour voir ce cercle pointillé luire. Zodiacal...

25 juin 2008

C'EST L'ETE

Il fait chaud, il fait lourd.

C'est l'été. Eté.

L'être au passé composé. Lettre au passé, composée ?

D'accord.

Cher passé,

Combien j'ai aimé cette vie et tous ses tracas. Cela a dû commencer par de l'amour pur, puis un manque, une absence, comment savoir ? Et puis il y a eu des éternités enfantines, des peurs scolaires, ces gouffres. Je ne savais pas compter au-delà de 9 en maths, les profs non plus en relisant la copie brouillonne. J'ai adoré les lumières et les couleurs, les partages et les sentiments. J'ai adoré décliner les sentiments, constater leurs mutations inéluctables. En prendre mon parti. J'ai aussi donné la vie et j'ai ainsi consenti à accepter l'idée même de la mort. Cette vie est merveilleuse de simplicité. L'été est là, excessif.

19 juin 2008


ENFANCE






17 juin 2008

MISS IVE
Combien j'aimais tes feuilles A4. Tu les prenais toujours à l'imprimante du labo. Ah, le stupide sourire statique qu'elle affichait alors, la Hewlett Packard. Elle serrait des dents, l'affreuse, pour que tu ne m'écrives pas.
Tu m'y racontais ce que tu voulais bien me dire et je n'imaginais pas le reste.
Aujourd'hui, nous nous envoyons des est-ce, aime, est-ce.
Et c'est la facture d'ace et fer que je lis.

16 juin 2008

ATTENDS UN PEU

Quand tu me dis cela, cela me trouble.
Depuis toujours, j'emprunte les chemins vicinaux, les sentiers à gadoue.
Alors attendre, quand n a l'impression d'avoir déjà perdu tant de temps...

5 juin 2008

SI J'AVAIS SU
Si j'avais su, je n'aurais rien changé pour autant.
J'aurais juste essayé de vivre les événements avec le même naturel. Bien que sachant.
Sans raturer le brouillon, sans gommer, ni souligner les passages les plus forts.
Mais on ne sait jamais rien en vérité.




2 juin 2008

SOMMEIL

C'est l'heure. Je file dans cet ailleurs où tout resurgit sous des masques parfois drôlatiques.


LE TEMPS DE LA REFLEXION

1 juin 2008


BANDANA

30 mai 2008


DON ET DEMANDE

Donner et demander ? C'est kif-kif.
Celui qui donne trop peut trahir une envie d'être aimé.
Celui qui demande révèle par l'assiduité de sa démarche sa dépendance.
Trop demander c'est tyranniser.
Trop donner c'est phagocyter.


29 mai 2008

L'EAU TROUBLEE
Prenez un grand verre. Remplissez-le d'une eau minérale, non pétillante.
Contemplez la limpidité, le jeu de lumière de l'eau dans le verre.
Une goutte de grenadine, et tout est changé.
Il n'y a plus d'eau, il n'y a pas encore de grenadine.
C'est une mutation lente, irréversible, un rapport de force.
Une transparence teintée.
Rien n'a plus le même goût.
Comment je fais ?
Je fais comment ?



27 mai 2008

MON AGENDA TAIT

Dans ce carnet défilent les jours, les semaines, les saints et les saisons. J'y inscris scrupuleusement la liste des dossiers en cours, les congés des collaborateurs, les dates de réunions, la répartition des travaux entre auteurs. Les vacances.
Cet agenda ne livre rien de mes journées réelles, de ce qui est impalpable. Les rires, les songes, la contemplation furtive d'un ciel gris.

26 mai 2008

LA TISANE DE FRANCIS PONGE

Dans Le parti pris des choses, le poète compare l'automne à une tisane froide.
Mai là, c'est le printemps, rien à voir !
Pourtant...

Je filais sous la pluie ce soir, dans les rues bordées d'arbres.
Des arbres épaissis par des kilos de feuilles fraîches, vertes.
Soudain, une odeur de tisane emplit l'atmosphère.
Insolite.
La pluie sur les tilleuls en fleurs, additionnée à la chaleur orageuse avait créé les conditions idéales pour rappeler le parfum des tasses de tisane, si vives sous la lumière crue de la cuisine.
On les buvait, enfant, pour apprivoiser la nuit, avant de regagner les lits de plume aux draps rèches frais.
Obscurité.
Au-dehors, la campagne parlait mystères. Des vers luisants créaient des éclats phosphorescents au pied des tilleuls.

24 mai 2008

PLUIE DE MAI
Nous étions sur le vélo tous deux et filochions sous un ciel sombre.

Quelques gouttes nous visaient parfois.
Nous pensions arriver assez tôt pour échapper à l'orage.
Le flux des voitures avait encore tout d'un tranquille roulement à billes.

Le ciel craqua d'un coup, l'averse troubla aussitôt le paysage, des autos se tamponnèrent, les phares flashy. Nous passâmes le carrefour seuls, défiant le feu rouge, un peu hagards, les vêtements collés à la peau.

Une entrée de garage, gueule béante.
A l'abri, tonifiés par cette rafale, nous riions de notre allure, de ces gouttes qui tombaient encore lourdement d'une mèche de cheveux, de notre joie d'être ensemble, si différents, si semblables.

Lui l'enfant, moi.

22 mai 2008

Eléonore très près
Ma grand-mère répétait ce proverbe : N'est pas beau qui est beau. Est beau qui plaît.
Elle avait bien raison.

18 mai 2008

DOUBLE VIE DE VERONIQUE



Ce soir, nous avons revu La Double vie de Véronique.

Avec Irène Jacob, Philippe Volter.

Film de Kieslowski, primé à Cannes.
Musique essentielle de Preisner.


Années 90, tout début.

Cracovie, Clermont-Ferrand, Paris Saint-Lazare.

Deux filles, deux voix, deux pères, deux absences de mère.

Deux marionnettes.

La musique impressionnante, la beauté fraîche d'Irène Jacob, le visage fin et soucieux de Volter.

Les luminosités typiques, le jeu de la caméra.

Pas envie de faire des phrases

Pas envie.

15 mai 2008

HENRY MILLER


Dans le Voyage du Condottière, André Suarès part d'un postulat : si l'on peut tomber fou amoureux d'un être, alors, on peut aimer aussi intensément une ville.
Le Condottière est donc en quête d'une ville, traverse l'Italie et finit par rencontrer Sienne la bien-aimée.

Il n'est pas question de Suarès ici, je sais bien.
Mais d'Henry Miller.
La vie nous fait croiser des êtres, et certaines rencontres sont marquantes.
Etres de chair, êtres d'encre et de papier.

C'est ainsi qu'Henry Miller a pris place dans ma vie.
Cela a commencé comment cette histoire ?
A vrai dire, je crois que des amis me l'ont présenté :
il y avait Cendrars et Durrell, et Anais Nin.
Trois amis de bon conseil.


J'ai été bluffée par la liberté du bonhomme, par l'écriture foisonnante.
Parfois j'en ai eu assez de lui, tant il allait loin.
Mais invariablement je reprenais le fil de ses narrations.

J'ai à cet instant sous les yeux Max et les phagocytes, paru aux Editions du chêne en 1947. C'est un ensemble de nouvelles (dont Via Dieppe-Newhaven, paru depuis en poche dans l'Oeil qui voyage).
Allez, un passage pris au hasard restitue la pensée de Miller (Fragments de la crucifixion en rose) :
"Aller de l'avant en se cramponnant au passé, c'est traîner avec soi les boulets du forçat. Le prisonnier n'est pas celui qui a commis un crime, mais celui qui se cramponne à son crime et ne cesse de le revivre. Il n'est pas un de nous qui ne soit coupable d'un crime : celui, énorme, de ne pas vivre pleinement la vie".

7 mai 2008

VACANCES !

5 mai 2008

Portrait d'une gauchère (plus du tout) contrariée