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4 juil. 2008

KATELL

Qu'est devenue cette fille au regard intense, à la marinière bretonne ?
Il n'y avait qu'elle pour prendre les choses avec autant de lyrisme.
Des amours saturées, des amitiés passionnées.
Etonnant, elle s'était attachée à moi, me parant d'atouts inconnus,
et me faisait une de ces pubs...
Qu'est devenue Katell ?

3 juil. 2008


TU T'EN FOUS DE MES MOTS D'AMOUR !


LA BOUCHE MYRTILLE

Surprise ! Ta bouche régalée sourit d'aise.
Les baies ont tatoué ta peau, ta langue, tes dents.
Il faudra quelques heures pour effacer cette gourmandise estivale :
une myriade de myrtilles au sucre.


ELISE D.

29 juin 2008

PARESSE
ll fait chaud, les fenêtres sont ouvertes sur le jardin. Allongés, nous ne faisons rien. Rien que lire, ou ne pas lire. Regarder s'installer l'été hypnotique. Géraniums et plantes grasses pour horizon. Un peu plus loin, les plants de tomate exposent leurs fruits verts. Nous rêvons, caressant le poignet de l'autre, légèrement.




27 juin 2008

VENDREDI 17h05

26 juin 2008

TU VIENS ENCORE MANGER MES POINTES ?

C'était un atelier au fond du garage, éclairé par deux fenêtres aux carreaux dépolis. Nos pieds trouvaient leur chemin dans la sciure fraîche. Des copeaux de bois recouvraient encore l'établi, invariablement. Ciseaux alignés, vernis caramélisés, boîtes de pointes, Papier de verre de grains divers, pots de colle blanche, marteaux de toutes formes, tout était à portée de nos menottes. Les scies sauteuses, circulaires et autres petites machines tournaient en notre présence. Les chutes de bois étaient à nous. Y enfoncer la pointe sans se taper sur les doigts, sans tordre le clou, notre défi.
Quand il sculptait le bois sur son tour, nous regardions, collés contre son paletot bleu, la forme apparaître. L'air était épaissi par la poudre de bois. Si un rayon de soleil venait à oranger un mur, nous étions pleinement heureux.

SOIR

Je viens d'ouvrir la porte.
Maman !
Il se précipite, voltige au bout de mes bras, rit en cascade.
Il s'accroche à mon cou, y blottit sa tête et ne bouge plus.

25 juin 2008

MARIE ET LES MOUSTIQUES
Elle vit seule dans Paris pékins. Quand l'été s'amplifie, elle le fait entrer dans son deux pièces cuisine.
Les moustiques en profitent pour faire ripaille. Fataliste, elle dit:
il n'y a plus qu'eux qui raffolent de ma peau.

LUCIE

24 juin 2008

NATALIE
Elle a dit:
Ma beauté est partie d'un coup.
On me dit parfois : "Ce que vous avez dû être jolie !".
Je l'ai su très tôt que cela ne durerait pas.
A la façon curieuse dont les adultes me regardaient, je savais que cela partirait, cela ne pouvait que partir.
Je ne rattraperai rien. Pas de biotox, pas de bistouri. Rien.
Maintenant, je veux voir jusqu'où mon visage peut aller.
Les tracés du temps sur cette tête enviée m'intéressent, mes mains s'y attardent.
J'ai 3 fois vingt ans.

22 juin 2008

NELLY FAIT LA TETE


GRAND GOULE


P'TITE FETE DE LA MUSIQUE

Deuxième nuit d'été. Le dernier ami s'en va aux alentours de 3h00. Dans la cuisine, le lave-vaisselle ronronne déjà, des piles d'assiettes à dessert rétro attendent avec les verres fins la plonge.

Pourquoi attendre.

Les mains dans la lavure, l'esprit ailleurs, savonnons.

Les verres jouent de la musique, en des tintements délicats et prolongés.

Final joyeux de ma p'tite fête de la musique.

18 juin 2008

GRAND-PERE

Il y avait une telle différence entre nos mains.
Les tiennes étaient énormes, tachées par le temps, les ongles devenus opalins et leur forme carrée semblait un peu rude. Tu avais fini par scier ton alliance, et tu te disais libéré. Humour.
Les miennes s'ouvraient juste, et ignoraient tant de territoires.
Dans tes mains, les miennes étaient des petites pommes toutes chaudes.

MICHELLE

15 juin 2008

SYLVIA

13 juin 2008

MARIENNE

En Charente, on fait la marienne après le déjeuner.
Entendez la sieste.
Les larges murs de pierre, le bois plein des volets, tout résiste au soleil.
Les chambres sont dans la pénombre, la toile à rayures des matelas se devine sous le drap tendu.
Les meubles ont une patine bleutée.
Parfois, un fil de soleil court sur le papier peint.
S'abandonner au sommeil, à soi-même.
Le figuier en contrebas voit ses fruits exploser.
Nous les dévorerons le soir.

11 juin 2008

INGRID

10 juin 2008

MERE


Cela commence par un test. Un test de grossesse. De ceux que l'on achète comme des tickets du Millionnaire, juste pour voir si la chance sourit. Le temps de l'imprégnation, la peur est aussi forte que le désir. Et puis il y a eu tant de tickets vains que l'on n'y croit pas, lorsque la bonne ligne s'affiche : vous êtes enceinte. Qui, moi ?

Et puis ces seins picotent, ces nausées sont affreuses, ces tocades pour du citron : tout au citron, le cheese-cake au citron, la marmelade de citrons, le poisson au citron, les haricots au zeste de citron, les tomates au goût citronné, le lait pour le corps à la citronnelle, le savon ménager au citron...

Et puis le ventre pointe, les échographies se succèdent, les crampes résistent la nuit; le jour, les minettes taille 38 frôlent notre corps embarrassé. Pataud, il poserait bien son fardeau le temps d'une petite robe.

Accouchement. Ce corps chaud, gluant, glissant, petit, que l'on vous tend, relié à un gros cordon nacré. Les larmes, les rires, les larmes, les rires. Regards vers le père.

Des années après, l'enfant tarde à rentrer, l'enfant peine en classe, l'enfant fiévreux, la peur de la mère. Et sa fierté face à ce géant d'elle.