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3 juil. 2008

JEAN-BAPTISTE

29 juin 2008

CATHERINE M



20 juin 2008


MALIENNE
Grande silhouette traînante, dans le boubou en wax ample, elle marche pieds nus dans des mules.

17 juin 2008

PASCALE LOE.

14 juin 2008

CITRONNELLE
C'était un jour d'avril, vers midi, quelque part au milieu de la forêt équatoriale. Un marché rassemblait les paysans de la commune. Des mains rugueuses tendaient des taros, des patates douces, des tomates gercées; des piments écarlate récemment cueillis fomentaient leur vengeance dans de larges vasques chinoises. Une enfant de quatorze ans, allongée sur le tronc vaincu d'un arbre, observait le passage des gens. Face à elle, une vieille femme vendait quelques herbes, ne vendait que cela. La citronnelle du jardin, du voisin, la citronnelle du seigneur. Pour quelques francs CFA.

29 mai 2008

BRESIL/NIGERIA

Joao Gilberto, Elis Regina, Marisa Monte, Antonios Carlos Jobim et Chico Buarque chantaient aujourd'hui leurs airs brésiliens. J'avais été les chercher, pensant ne pas les connaître. Mais un disque de Stan Getz m'avait familiarisé à leurs classiques.
Ca coulait tout seul, sans effort, alors que j'étais au travail, fixant mon attention dans l'ambre de la lampe de bureau.
C'était sûrement trop facile.
J'ai quitté le bois de braise pour le Cap Vert.
Sara Tavares, Cesaria Evora.
"Plus bas, plus bas !", me soufflaient les rythmes assourdis.
Nigeria : Femi Kuti étranglait les cuivres de sa musique funk, souple, nerveux, clairement sombre et vindicatif, comme son père.
Black man know yourself, don't forget your past
Son père... Fela jouait des pulsations et des mots comme un stratège, tendant les nerfs du public dans une attente hypnotique. Le regard de Fela, calculateur depuis son orgue, le geste fort.
Afrobeat.


20 mai 2008

GUS'
Cette histoire n'est pas pour vous
N'écoutez pas
D'ailleurs ce que je dis ne vous
Regarde pas...
(P.Perret La louve)

14 mai 2008

LES TRACES DU PASSE ESCLAVAGISTE

On commémorait le 10 mai dernier les 160 ans de l'abolition de l'esclavage.

J'avais distribué quelques flyers pour inciter des proches à participer à la marche des libertés.

Auprès de gens de partout, que les préjugés dérangent, et qui luttent contre eux-mêmes parfois pour les remettre en cause.
Parmi ceux-ci, une collègue martiniquaise fut informée de l'événement.


Il y a deux jours de cela, elle me croise, et m'explique qu'elle n'était pas venue manifester, alors que des amis à elle jouaient du tambour dans le cortège," pour fêter l'anniversaire de mai 68".
Je lui évoque tout l'intérêt de la marche des libertés, elle me remet cela :"Ah, oui, pour les 40 ans de mai 68, j'aurais pu y aller, mais j'étais fatiguée, il faisait chaud".

Faut-il qu'il y ait encore de la douleur au fond de chaque descendant d'esclave pour que la marche des libertés soit interprétée par certains comme une commémoration de mai 68.

12 mai 2008

PAULA T.

11 mai 2008

LA MARCHE DES LIBERTES

Le 10 mai, on commémorait l'abolition de l'esclavage entre République et Bastille.

C'était l'occasion de parler de la place des Francais en France.
(Au comptoir de Marianne, une simple goutte de café dans votre lait, et votre consommation peut devenir un p'tit noir).

Les Français étaient donc dans la rue, scandant des messages appelant à l'égalité entre tous, à la fraternité, puisque la liberté était acquise depuis 160 ans, dans les textes.

Un peuple bigarré, des spectateurs se joignant au cortège.
Des bébés en poussette, des pépé (et mémée) en goguette.
Des amants aux fenêtres,
des chants antillais et des cauris entrechoqués contre des calebasses.

Place de la Bastille, onze anneaux humains autour du génie, symbolisaient des chaînes encore à rompre.

Rompez !





4 mai 2008


FLEURS DE MARIANNE



Midi, soleil chaud. Nous roulions dans la ville étale, traversant les localités franciliennes.
Par ce dimanche, une femme noire attendait le bus, à l'ombre d'un abri.


Une femme parée comme à Cotonou, d'un boubou froncé et vaste, coiffée d'un foulard assorti magnifiant son teint, l'ovale de son visage, le sombre attrait de sa pupille.


Plus loin, deux autres.

J'ai alors songé aux Alsaciennes, aux Bretonnes qui (ex-)portèrent leur costume régional autrefois.


Je me suis dit : il faut regarder ces femmes, il faut apprécier leur coquetterie; bientôt, il n'y aura plus de femmes ainsi vêtues, même le dimanche à midi, avant un repas de famille, même par un soleil chaud.

Les filles de ces femmes seront vêtues comme tout le monde : H et M, Zara, C et A.


Une silhouette en boubou à un arrêt de bus par un dimanche de printemps, c'est peut-être l'expression de la pauvreté et de l'immigration.
C'est aussi l'expression d'un monde qui change, d'une société qui assimile ses différences comme autant de richesses.

Et le boubou de l'abribus est l'une des plus jolies fleurs de Marianne.






UN ALLER-RETOUR POUR DES BEIGNETS-HARICOTS

Les murs des villes affichent une scène de petit-déjeuner insolite : une fillette poursuit sa nuit sur une tranche de pain de mie industriel. Tranche épaisse, moelleuse à souhait.

Les enfants sont il est vrai habitués en Europe à consommer des aliments mous : le pain de mie, le pain au lait, la brioche, le knacki, le hamburger, le kebab, le steak haché, le poisson pané, la purée en flocons, les bonbons gélifiés, les chewing-gums...
Les enfants ignorent presque l'arête, le nerf, la fibre.

Au Cameroun, des enfants se nourrissent encore dès le matin de beignets haricots.
Coup d'oeil dans la gamelle : les haricots rouges sont imprégnés d'une sauce à base de tomates, d'oignons, de piments (le chili sans carne si vous préférez).
Les beignets ne sont pas ces boules fourrées de confiture et saupoudrées de sucre glace, vendues un peu partout en France, notamment sur les plages.

Ce sont là des bouchées de pâte frite (levure de boulanger + eau tiède + sucre + farine) qui remplacent le pain.
Les commerçants chinois installés à Douala auraient industrialisé le marché, lequel a raréfié la présence des mamas makalas ou mamas beans, légendaires reines du petit déj' local. Ces Togolaises fournissaient à chaque coin de rue l'écolier comme le maître.

29 avr. 2008


Amaa
Les Marquises

28 avr. 2008


Paul

27 avr. 2008

Greg

23 avr. 2008

Gérard ?


SUR LA LIGNE 4


Depuis la gare du Nord, Miss Glu prend la ligne 4, direction Porte de Clignancourt. Et descend à Barbès-Rochechouart.

De là il faut émerger, sortir au compte-gouttes. Lire les mots distribués en montant le boulevard Magenta : un jeu. Marabouts. "Docteur Samba ramène l'être aimé problèmes d'argent résolus".


Voilà Tati et Toto dépassés.Des robes de mariée débordent des vitrines.

La mosquée de la rue des Poissonniers est vide. Pas encore de foule recueillie jusqu'au trottoir à cette heure.


Ca monte. Boulangeries claires, pâtisseries extravagantes d'orient.


Descente douce. Alignement de boutiques d'alimentation exotiquegénéralement tenues par des Asiatiques.

Jaune les plantains



Rouge les piments


Brun les ignames


Vert les gombos



Du monde : des boubous éclatants sur le trottoir, des papas missionnés, des aînés sérieux comme des diplomates, des bébés chouineurs. Des bébés gavés de chips de plantains.


A poste transitoire, des commerces illégaux : la vente à la sauvette de safous, épis de maïs, mangues vertes.



Régals à venir.




SAFOUS ET PLANTAINS


Au fond du sac noir, les safous, fruits oblongs, sont vernissés, violet bleu marine violet clair rose à beige.

On les place dans le four. 200 degrés, sur une grille.

Quand un fil jaune fend leur sombre carapace,vite vite vitese brûler les doigts pour les sortir de là.Ils n'ont plus rien à y faire.
Des bananes plantains ont été épluchées, coupées en longues lamelles épaisses sautées dans l'huile crépitante (plutôt olive que palme). Certaines, les plus mûres, ont caramélisé.

Un riz attend.
Les safous cuites ont perdu leur éclat. Du bout des doigts on tire leur peau ternie, une chair jaune fluo ou vert jaune suit. Une peau légèrement craquante, la chair est fibreuse, farineuse, chaude. La saveur est acide, plus ou moins, avec un arrière-goût doux étonnant.

Les dents n'attaquent le fruit que par des feintes délicates car un noyau mou bosselé affleure.
Si on l'ouvre, des graines par paquets ordonnées donnent un instant le regret d'avoir fait cuire tous les fruits.
Qui sait ? Si cela poussait ici ?


MON AMI GOMBO

Une pluie de gombos ? Cuits, cela ferait un beau verglas !
Quoi de plus insolite que ces petits légumes ? Ces cornets bien clos, tendres sous le pouce, réservent des petites graines blanches enduites d'une pellicule glissante. Pour un effet très réussi, il vaut mieux le choisir bien frais, en évitant les côtes durcies. Le préparer en lamelles assez fines, le cuisiner avec des oignons, des tomates, du piment. Ou autrement. De Cuba à Quito, de Rio à Douala en passant par Cotonou, le gombo est populaire. Sa seule évocation fait briller les yeux des connaisseurs. Enrobant une boule de foufou, le gombo enchante les sens. C'est rond, chaud, et c'est un express dans la bouche, fondant et coulant de lui-même, ravissant les amertumes de la vie, jusqu'à la dernière cuillérée.


LE SAXO DE MANU DIBANGO


Il y a quelques années, Manu Dibango était promu ambassadeur de l'Unesco.
C'était une fin d'après-midi d'été et je faisais partie des journalistes présents.
Manu Dibango était comme à son habitude, sympathique, simple et souriant. Eternelle élégance du bonhomme.
Et moi, je me cachais derrière mon reflex, toute intimidée, flashant flashant flashant flashant, incapable d'entamer une conversation avec l'artiste.
Nous étions cinq ou six à griller de la pellicule, et lui, ne devait pas être dupe de l'effet qu'il produisait sur nous !Nous étions tous babas.
Que le jour soit terne, ou l'humeur, que le quotidien soit cloué de tracas ou qu'il y ait des élans d'allegresse, le saxo de Manu Dibango a toujours sa place dans nos vies.
Sun Explosion file de sacrées fourmis dans les jambes, Ambiance tropica donne la pêche, Aloko party nous fait bientôt siroter un ginger chez Marcel et partager un ndolé mixte.