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1 juil. 2008

AFRIQUE ENCHANTEE

Les écouteurs vissés dans les oreilles, le corps lui-même arrimé à ma chaise de bureau, j'atteins le niveau maximal de concentration sur le créneau 15h00-16h00.
Ne me parlez de rien, vous me jugeriez bizarre.
A cet instant coulent dans ma tête des musiques d'ailleurs, lesquelles me font écrire différemment, penser autrement. Quel plaisir d'écouter ces narrations aux accents et timbres familiers alors que la bureautique m'entoure : stabilos, post-it, dicos, dossiers et revues. Le boulot, quoi.
Afrique enchantée apporte du sang neuf à ma déveine : les notes des congas, des guitares et des saxos sont autant de globules hypertoniques.
C'est sur France Inter, avec Guillaume, le Breton, et Soro Solo, l'Ivoirien.

24 juin 2008


PENSEE POUR JACKIE C.

C'est un jardin dans lequel des bonsaïs sont plantés en pleine terre. Un jardin d'expériences végétales.
L'herbe y a le goût de l'eau, l'eau le goût de l'air et l'air, l'air de rien.
Chez Jackie et Françoise.

20 juin 2008

SIDO
Livre au hasard. P.360 L'Insoutenable légèreté de l'être, édition Folio.
"Il faut... que les sentiments suscités par le kitsch puissent être partagés par le plus grand nombre.
Aussi le kitsch n'a que faire de l'insolite"


12 juin 2008

LES CERISES D'ALCINA

Une grosse poignée de cerises volées aux étourneaux.
Voici Alcina, offrant mine de rien de l'amour.
Avec légèreté et rires.

Parfois ce sont des morilles, des plants de tomates ou des roses et des marguerites dans des feuilles de pivoine.Dans les cerises d'Alcina, je retrouve les cerises d'autrefois. Dans ses bouquets, les bocages lointains. Dans l'arôme des champignons, des recettes secrètes.
Ma gratitude est teintée d'émotion, Elle me gêne un peu, cet embarras lui suffit.
Elle est comme cela, Alcina.


15 mai 2008

ESTHER

Il fait noir, il fait nuit, une pluie d'orage crépite sur le pavé, sur l'herbe fine, sur les plants de tomates.
La terre chaude prend une raclée
ça sent bon.
La pluie redouble d'intensité, la terre s'effrite,
les géraniums perdent des pétales.
Il serait raisonnable de fermer les stores.
Au loin l'orage gronde.

5 mai 2008

Revoir Diva

J'ai récemment revu Diva, de Jean-Jacques Beineix.

L'histoire d'un facteur fou de lyrique, fan d'une diva, devenant la cible de tueurs impitoyables.

Ultra moderne à sa sortie, le film des années 80 a forcément pris un petit coup de vieux.
Qu'en reste-t-il ?

La débauche chromatique: trois couleurs rythment la narration. Le jaune, celui de la Poste et des panneaux urbains; le rouge, de la bécane volée et du sang, le bleu de l'eau et du ciel, libérateur. De plus le fluo a la part belle dans le film : les néons, le flipper, la déco.

L'esthétique rappelant l'univers de Loustal et d'Yvan Pommaux, les dessinateurs : des angles de vue originaux, des voitures des années 30 rutilantes, silencieuses, des crapules aux physiques complémentaires (Dominique Pinon/Gérard Darmon).
Le graphisme, nourri des années 50 met en scène de belles américaines, une pin-up peintes en trompe-l'oeil.

Le casting, intéressant, avec un rôle de héros tranquille idéal pour Richard Bohringer, dandy efficace, songeur dans un bain bleu.

Diva parle aussi d'amour et d'amitié. L'amour idolâtre d'un jeune homme ordinaire pour la musique lyrique et pour une diva. L'amour et la trahison sont par ailleurs liés.

L'amitié sauve finalement la situation.
Elle a la gouaille d'une jolie Chinoise faisant des huit sur rollers.

26 avr. 2008

EXTRAIT

"En été il y avait là une petite échoppe aux stores de couleur vive où elle aimait venir manger des tranches de pastèque et des sorbets roses".
Lawrence Durrell
Justine
Le Quatuor d'Alexandrie

21 avr. 2008



SMOKE... IN YOUR EYES

"Smoke? c'est plusieurs choses à la fois. C'est une allusion au débit de tabac, bien sûr, mais aussi à la propriété qu'a la fumée d'obscurcir les choses et de les rendre illisibles. La fumée n'est jamais fixe, elle change sans cesse de forme. De même que les personnages du film changent quand leurs vies se croisent. Signaux de fumée... Ecrans de fumée...fumée flottant au vent. De façon minime ou importante, chaque personnage est sans cesse modifié par les personnages qui l'entourent."Paul Auster,Entretien avec Annette Insdorf22/11/1994

Smoke est l'un de mes films préférés : pour le désordre réaliste de la boutique et de la vie d'Auggie Wren, à la façon dont les êtres se croisent, s'attachent les uns aux autres. A la façon dont la situation de chacun évolue.

Tout tourne autour d'Auggie, marchand de cigares à Brooklyn, la cinquantaine débraillée, la bonté à fleur de peau, largué par sa femme depuis des lustres.Les personnages qui gravitent autour ont tous perdu quelque chose : Paul, l'écrivain, est veuf ; Rachid, le jeune homme noir, recherche son père ; L'ex d'Auggie est devenue borgne; il manque un bras à Cyrus, le père de Rachid.

Dans l'épisode du Noël d'Auggie Wren, un voleur à la tire perd son portefeuille dans la boutique. Ce portefeuille mène Auggie chez l'aïeule du voyou. Elle a perdu la vue et a perdu de vue son petit-fils. La vieille dame feint de le retrouver lors de la visite impromptue d'Auggie, qui accepte ce leurre en l'incarnant.

Nul n'est dupe. Sur une musique de Tom Waits, Smoke dépeint ce qui part en fumée, ce que l'on a perdu. Et la manière dont on reconstruit.

Optimiste, non ?