31 mars 2010

MATIN ROSE

Matin rose, tu parles,
tu la trouves rose, toi la lumière du matin ?
Mâtin qui mord de tous ses crocs, oui
Mate les uns, mate les autres
Matin rosse

30 mars 2010

SIDIBE TRAORE

29 mars 2010

PATRIOCHKA
Ils sont trois et se ressemblent.
Parfois en contemplant la nuque du plus petit,
je revois la nuque au même âge du moyen.
La même que celle de leur père.
J'ai alors comme un vertige,
ne sachant plus quelle époque nous sommes,
quel enfant me fait dos.
Le visage du plus grand et celui du plus petit sont similaires.
Le plus grand a les épaules de son oncle.
Le moyen ressemble comme deux gouttes d'eau
à son grand-père.
Le plus petit a le caractère teigneux de sa mère.
Tous courent comme des dératés.

28 mars 2010


TU TE DOUTES
Pourquoi écrire chaque soir un mot
sous un dessin ?
Pourquoi ces éclats de miroir ?

27 mars 2010

SAUTOIR

25 mars 2010

JOURNAL

La journée a commencé par un adieu.
Sans baiser ni étreinte.
Puis il y a eu le train jusqu'à Bécon
et le pont de Levallois.
Le vent était humide mais doux.
Tout au bout de l'île de la Jatte,
un homme à casquette rousse
esquissait quelques pas de danse.
Tango muet
Plus tard, un courrier laissait entendre que le travail
est meilleur quand il est signé d'un
cocorico.
Et puisque les choses ne bougeront jamais
à quoi bon se battre...

24 mars 2010

MELLIE

Tes meilleurs souvenirs sont des bijoux
invisibles portés à ton cou, tes oreilles,
à tes poignets, à tes doigts.

23 mars 2010

TU L'AIMES PAS MA GOMINA ?
Quand il avait vingt ans, on dansait le shimmy.
L'émail diamant rougissait les gencives, le sourire était un atout.
La gomina fixait ses cheveux raides.

22 mars 2010

JOUR CITRON
Il y a des jours acides comme un jus
des jours amers comme un pépin
Des jours doux comme un zeste
et un jour
sans geste
sans pépin
sans zut.




21 mars 2010

DIS BLAISE, SOMMES-NOUS LOIN DE MONTMARTRE ?

20 mars 2010

IL EST TARD
Je vais me coucher
La pluie tape fermement au carreau.
Sous les draps bientôt s'endormir
au son de ce tam-tam.

19 mars 2010

SURPRISE

18 mars 2010

DAVID
Tu m'épates !

17 mars 2010

FLEURS DU HASARD
Le jardin permettait aux roses de griffer le mur,
à la vigne de serpenter sur les espaliers bleuis,
aux dahlias d'abriter des colonies de coccinelles.
Les fleurs, elle ne les coupait pas souvent.
Pour offrir un bouquet à ses filles
Pour fleurir la photo noir et blanc
de son enfant perdu.
Elle ne se réservait que des bouquets de fortune :
narcisses aux tiges brisées par le vent
ombelles de géraniums cassées
lors d'une rebuffade féline
fleurs des chemins
coucous, stellaires,
jonquilles et violettes.
Les fleurs du hasard étaient rassemblées
dans des verres simples,
dispersés dans la cuisine.
Curieux
la première pâquerette
offerte ce soir
flotte dans un coquetier
telle un nymphéa.

16 mars 2010

DEGOUT

15 mars 2010

LIBERTÉ DE OU DE NE PAS


14 mars 2010

SANS ARRÊT SAIS-TU ?


13 mars 2010

ODE DE FERRAT A MA MÈRE
On se marie tôt à vingt ans
Et on n'attend pas des années
Pour faire trois ou quatre enfants
Qui vous remplissent vos journées
Entre les courses la vaisselle
Entre ménage et déjeuner
Le monde peut battre de l'aile
On n'a pas le temps d'y penser
Faut-il pleurer faut-il en rire
Fait-elle envie ou bien pitié
Je n'ai pas le coeur à le dire
On ne voit pas le temps passer
(...)

12 mars 2010

LE GARS DE LA RÉUNION
Il a surgi une heure avant que j'entende dire
que les vieux, oui les vieux
ne sont pas ragoûtants.
J'ai plongé dans un brouillard artificiel.
J'entendais certes, mais sans écouter
sans trier sans retenir
sans souvenir autre à distiller plus tard
que cette ouate qui m'isolait utilement.
Je puisais dans la mémoire
ta peau, ton regard
nos années empilées
en un gratte-ciel instable.

10 mars 2010

EN SIFFLOTANT

9 mars 2010

MOI
A l'âge de dix ans, tout fut scellé :
j'avais une tronche de vieux.
C'est ainsi que j'ai gardé ma tête d'enfant.

8 mars 2010

PEUH ! C'EST N'IMPORTE QUOI

7 mars 2010

LES MORTS NE SONT PAS MORTS
Elle était hospitalisée depuis quelques jours
et pensait que nous lui mentions :
son chat était mort.
Elle nous serinait.
Alors, Grise Bise, caché dans un sac de classe,
cette besace anthracite gansée de rouge,
a été privé une heure de ses habitudes domestiques.
Nous avons maintenu le greffier dans sa planque
jusqu'à la porte de la chambre 42.
Nous avons frappé.
Une infirmière nous faisait dos.
Grise Bise put sortir un instant son masque brun du sac.
Ses mirettes... ciel, mon matou !
Guérison accélérée.

6 mars 2010

SUREXPOSÉE

5 mars 2010

SPOTS A LA GRAND GOULE

4 mars 2010

LE SOLEIL DANS LES YEUX

Certains aiment, d'autres pas.
Lui, il n'aime visiblement pas.
Comme les phares d'une voiture croisée
dans la campagne une nuit d'hiver
La surprise passée, nous retombons
aussitôt dans l'obscurité
de la route de campagne.
Le soleil dans les yeux

3 mars 2010

AUX ANTIPODES
Il est arrivé par surprise.
Pas attendu. Pas espéré.
Pas imaginé.
Ecrasant.
Sans retour.

2 mars 2010

TU FAIS QUOI ?

Je repense à ce jour d'août au bord de l'Atlantique.
Tu me dis: tiens, on vient de croiser Orsenna.
Orsenna ? Oui, Orsenna.
Voyage au pays du coton... tu sais ?
Je me retourne et vois un baigneur
marcher tête droite
sur cette plage,
les pieds dans la mousse des vagues mourantes.
Je le suis, puis en courant le dépasse
et le distance, et ne suis bientôt plus qu'un point au loin.
Je reprends mon souffle, m'assois un instant.
J'attends le bonhomme.
Il arrive. Je me relève.
Nous nous croisons.
Il a l'air heureux au bord de l'eau,
le soleil dans le dos.
Est-ce lui ?
Mais non, c'est pas lui...
Il me faut des mois pour revoir la tête
médiatisée d'Orsenna.
Ton baigneur...

1 mars 2010

MERCI A L'HOMME SANS TÊTE

ABSENCE