TOUT SUR MA MERE
J'ai revu récemment ce film
et y ai découvert
une seconde trame dont le sens m'échappe.
Tout sur ma mère, c'est une de ces histoires à la Pedro :
poignante certes, mais aussi truculente,
sombre mais résolument optimiste.
Une mère perd son enfant,
revient sur les traces de son passé.
L'aventure commence.
Le film semble découpé en deux :
la première partie est curieusement africaine.
La suite dément cet axe, c'en est déroutant.
Le premier indice est au-dessus du canapé de Manuela :
une publicité de petit coiffeur africain est affichée sur le mur.
Quand l'héroïne revient à Barcelone,
en quête du père de son fils défunt,
une chanson d'Ismaël Lo l'accueille, vibrante.
Plus tard, quand elle flâne sur une place avec Rosa,
des enfants y jouent à la corde à sauter: tous noirs ou métis.
Plus tard, quand Manuela est confrontée à des junkies,
on retrouve quelques silhouettes noires.
La scène de l'hôpital focalisée sur les rapports
homme/femme est également intéressante :
Manuela et Rosa dialoguent tandis qu'à l'arrière-plan,
un couple de Noirs.
Elle , à gauche, est prête à accoucher, caresse son ventre.
Le père à droite, lui parle.
Quand la caméra fixe Manuela,
le futur papa apparaît derrière elle.
Quand Rosa s'exprime, la future mère
est à l'arrière-plan.
A l'issue de cette scène très construite,
plus une seule référence africaine n'apparaît :
on retrouve les outils classiques d'Almodovar,
avec une sensibilisation à la question du sida.