31 mars 2009

TRAIT POUR TRAIT

30 mars 2009

J'AI BIEN VOULU

poser pour toi, envelopper ma tête du foulard. Comme sur les tableaux d'avant l'Indépendance. Mais pour tout te dire, je n'aime pas cela.
La prochaine fois, peins-moi avec mes dread, mes roots, ou fais-moi un gombo très épicé avec du bouillon de singe et paie-moi un coca.

29 mars 2009

ROBERTA

Elle lui a dit : je ne ferai ni repassage ni lessive.
Je ne ferai rien de ce que tu attends de moi.
Il a dit oui.
Puis il a pensé : je suis fou.
Oui, je suis fou.
Chaque amour libère une part d'irrationnel, d'inacceptable.

28 mars 2009

DUO

27 mars 2009

SOUVIENS-TOI


Siffle-moi ce petit air que tu jouais à l'harmonica.
Un petit air qui tournait tout seul, itératif.

26 mars 2009

SUZANNE

25 mars 2009

AMERTUME

24 mars 2009

COQUETTERIE

23 mars 2009

MASQUE ÉLÉPHANT

22 mars 2009

RÉVÉRENCE À L'ARGENTIQUE

J'aimais le temps de l'argentique.
Prendre des photos avec application,
36 poses.

Penser la photo. La risquer.
35 poses.

Le développement chez un professsionnel
exacerbait l'impatience.
Lorsque les photos étaient présentées,
un soupçon d'inquiétude expliquait
le léger tremblement de mes doigts.

C'était souvent pas terrible,
parfois une ou deux images étaient satisfaisantes.
Je triais l'ensemble.
Les préférées finissaient sous cadre,
en album ou étaient partagées;
les autres étaient remisées dans des cartons
soigneusement datés.
Les meilleures photos sont ainsi devenues chères,
familières, emblématiques d'une période.

Aujourd'hui, j'ai été déloger de son armoire
un carton daté,
et j'ai ouvert toutes les pochettes.
Photos floues, mauvais cadrages, grimaces,
objets parasites sur certaines scènes.
Mais, de la vie, du mouvement, de l'imprévu,
des détails insoupçonnés, d'heureuses découvertes.
Une jeunesse mouvante

21 mars 2009

PLANTAINS & MASQUES
Quand je prépare le repas, j'épluche un plantain ou deux.
Comme on me l'a appris, je découpe les fruits en longues tranches,
qui bientôt dorent dans l'huile.
Invariablement, apparaissent dans le crépitement joyeux
autant de masques africains me regardant,
tantôt rigolards, tantôt tragiques.
Curieux.

20 mars 2009

VIOLETTES

19 mars 2009

DERNIER FAIT D'HIVER

18 mars 2009

À LA VOLETTE
Il court après les pigeons.
Je cours après lui.
Les pigeons tournent autour de nous.
La tête nous tourne.
Nous nous effondrons sur l'herbe
et repartons de plus belle.

17 mars 2009

DERRIÈRE LA JALOUSIE
La nuit de mars est douce, les vernis claquent sur le pavé.
Je rentre chez moi, le nez en l'air.
Les façades de la ville sont animées de carrés de lumière bien jaunes.
Les volets de métal laissent passer des traits de lumière. Attirants.
J'aimerais qu'ils s'ouvrent sur un soir d'été,
un lustre en pâte de verre diffuserait peu de contraste;
sa frange de perles resterait immobile.
Une femme sans charme apparaîtrait à la fenêtre,
pour prendre le frais ou feindre l'ennui,
elle aurait les bras nus, blancs.
Ce serait une scène urbaine banalement populaire.
Pour l'heure, les vernis claquent sur le pavé dans la nuit de mars, douce.

16 mars 2009

GREFFIER

15 mars 2009


SOEURS FANG NTUNU
Abattement et stupeur

13 mars 2009

MATERNITÉ BAMILÉKÉ

12 mars 2009

POUR UNE POIGNÉE DE SECONDES
Je donnerais
Tous ces trajets interminables en voiture
La contemplation des gouttes de pluie
sur la vitre
Leur chemin sinueux.
Ces carnavals enfarinés
d'un jour
qui permettaient d'être soi
sous le masque.
Ces vagues d'ennui
quand l'enfance vous a laissé là,
avec une panoplie d'adulte
moche.
Cette poignée de secondes,
Dilapidée si vite.

11 mars 2009

CRISE
Dans quelques semaines peut-être, Monsieur Untel,
chef d'entreprise,
mettra la clé sous la porte.
Il faudra trouver un travail,
n'importe lequel,
un qui suffise à éviter les huissiers.
C'est comme une maladie insidieuse.
Ou comme
un tueur à gages patient et méthodique qui attend la date d'abattage.

10 mars 2009

TOI ET MOI

FIOLES ADORÉES
Ce matin, elle m'a dit : je suis fidèle à mon parfum.
Moi aussi, sauf que j'en ai plusieurs !
Chaque flacon renferme un souvenir particulier.
Un samedi de septembre 2007 rue de l'Aigle
Une ambiance en 1978
Un tableau de Van Eyck
La gare Montparnasse en octobre 1999
La rue du Commerce en 2003
Le bois d'une autre maison
L'été dernier

9 mars 2009

MARIE LA LOUVE


8 mars 2009


ZÉLIE EN TÊTE

6 mars 2009

M'BUDJA LE LIEVRE
De tous les masques qui sont accrochés dans sa case,
Ange préfère M'Budja-le-lièvre.
Son bois est constellé de taches de léopard,
une tête de serpent orne son front.
Quand il le porte, Ange-le-sorcier
est le plus respecté.

5 mars 2009

MERIEM

4 mars 2009

DESSINE-MOI UN LOUP
Je vivais à la campagne.
Je prenais mon vélo pour aller au marché
et je n'attachais pas d'arbre à mon vélo.
Je dormais les fenêtres ouvertes sur la nuit d'été
sans que les étoiles guident le voleur chez moi.
Je vis ailleurs.
Depuis quelques années, la ville se hérisse de grilles.
Il y en a partout.
L'école primaire est murée, nul ne peut voir son enfant jouer dans la cour.
Les HLM sont cloisonnées de grilles hautes, équipées de digicodes.
Le parc du quartier est cerné de hautes piques.
Au supermarché cheap, le caddie ne sort pas sans rançon : vos papiers d'identité.
J'ai trois antivols à mon vélo,
attachés non à l'arbre
mais à la grille.

CE MERCREDI SOIR

ma chanson préférée de Gainsbourg

3 mars 2009

DIS-MOI TOUT

Dis-moi tout ce que j'ignore.

les questions que je ne me pose pas.

L'insoupçonné.

2 mars 2009

NE ME DIS RIEN
Notre amour est pollen, notre vie est vent.
Ecoute nos silences !
Tu restes cet autre, cet inconnu.
J'ai en tête des questions que je ne t'ai jamais posées, en stock depuis des années.
Des questions que je me garde bien de formuler.
J'ai envie que tu restes jusqu'au bout cet autre, cet inconnu.