31 janv. 2009

SONGE

30 janv. 2009

QUAND ADA CHOISIT DE VIVRE

C'est l'une des scènes les plus fortes de la Leçon de piano. L'avant-dernière. Ada doit choisir entre le passé, symbolisé par le piano déséquilibrant l'embarcation, et l'avenir.

29 janv. 2009

PASSANT
Ce soir cet homme. Mais en fait, je ne pense pas à ce que je dessine ce soir.
Je songe à deux visages croisés dans la journée.
D'abord une tête réduite, grimaçante d'amabilité et de courtoisie commerçantes,
à qui j'ai acheté du thé. Un vieil homme, plus de 75 ans c'est sûr,
aux yeux encavés dans un masque de cire.
Une cliente en vison le tutoya. Elle parla d'une amie de Rabat. Complicité. Le vieil homme sourit en silence. Elle a demandé ensuite s'il connaissait une boucherie halal.
Il a répondu que non, qu'il mangeait de tout, lui.
Elle, pied-noir, attachée à son passé : manger halal, tutoyer le vendeur Marocain.
Lui, qui pourrait être son père, la vouvoie, et mange de tout.
Et puis se superpose dans mon esprit un des lecteurs de la bibliothèque où j'ai emprunté ce soir quelques ouvrages. Il était installé sur une chaise, au bout d'une allée, entre les rayonnages. Il ne lisait pas. Non, il se réchauffait.
C'est l'un des hommes qui fouillent les poubelles le matin au pied de l'immeuble.

28 janv. 2009

LA VIE EN ROSE

27 janv. 2009

DECADANSE


RAJOUTEZ-EN UNE COUCHE

Il a gratté la peinture écaillée du mur de la chambre. Les paillettes avaient un fameux goût sucré. Maman a beau l'avoir fâché, il a recommencé. Maintenant il a du plomb dans le sang, à un taux si important que son attitude en est changée. Il dit qu'il est comme Sarkozy, parce qu'il est hyperactif. Il a quatre ans et est atteint de saturnisme.
Ses parents sans-papier avaient sous-loué une pièce de ce F3 mal entretenu. Deux autres familles occupaient les lieux, l'ensemble versant 1500 euros au vrai locataire, qui lui empochait 700 euros de commission chaque mois.
Le père travaille sur les chantiers au noir, depuis 1992, toujours sans-papier. Diplômé en comptabilité, il n'a pas mis en valeur son bagage ; son patron ne lui livre pas de feuille de paie, il n'a pas de vacances, il a au mieux 1500 euros par mois, donnés de la main à la main. La mère travaille sous une fausse identité dans une banque, en tant que femme de ménage. Son salaire, maigre, est viré sur le compte de celle qui lui loue son identité, et qui se garde un gras pourboire. C'est le prix à payer.
Deux mômes atteints de saturnisme, des parents dans la misère, un système d'exploitation bien huilé. C'était dans les Pieds sur terre, sur France Culture aujourd'hui.

26 janv. 2009

OH ! COMME 3 POMMES
Il ne veut pas s'endormir seul.
Il dit : "je suis toujours seul. Pourquoi ?".
Elle est au-dessus de lui et le regarde. Ses traits sont si bien dessinés, tout est là, concentré en une petite bouille ronde comme une reinette.
Il a les yeux mouillés, elle est attendrie par ce petit être déterminé.
Il la regarde intensément. Il tend les bras vers son visage, il la caresse. Les yeux, les pommettes, les lèvres, les cheveux. Il dit : "ils sont beaux tes cheveux".
Elle caresse le contour du visage de l'enfant.
Elle ne peut se résoudre à être péremptoire.
Cinq minutes plus tard, l'enfant rit à pleines dents.
Son matelas a été tranféré dans la chambre des grands frères,
complices du squatter.


ADRIAN B.

25 janv. 2009

MASQUE GOURO

Je suis un masque ivoirien.
Mon bois sculpté révèle pleinement ce que je cache :
Une sérénité irradiante.

23 janv. 2009

ELISABETH


22 janv. 2009

DIAKITE B.
Tu marches sur le trottoir de la rue des Poissonniers, préoccupé. Tu es sorti de la mosquée sans regarder la couleur du ciel. Tout est gris. Ta gandoura, ample, que le vent fait claquer, tes babouches, le sol, les murs que tu suis, imperturbable.
Tu rejoins ton cabinet en mâchant une noix de cola. Tu craches dans le caniveau la bouillie amère, t'essuies la bouche d'un revers de la main.
Marabout, tu médites en couvrant de karité le crâne de Sidibé, qui veut le retour de l'être aimé. Tu jettes une pluie de sable bleu sur les mains de Malika, qui ne parvient pas à enfanter, tu poses les mains sur les tempes de Soro, ensorcelé par une infirmière du samu social. A la fin de la journée, tu connais tout de la vie du quartier.

21 janv. 2009

AUJOURD'HUI


Il y a quelques années de cela, j'ai arrêté de respirer. Je n'en voyais plus l'intérêt.
L'air de Montmartre, l'air des bocages, l'air iodé de Noirmoutiers, l'air de rien, de petits riens, ne m'intéressaient plus. Je vivais en apnée, ayant renoncé aux grandes inspirations, aux bouffées d'oxygène, celles qui grisent. J'étais bien ainsi.
Et puis j'ai rencontré devant un jardin public un soir d'été un vendeur de ballons d'hélium. Il en avait plein, cela lui faisait presque de l'ombre. Il m'a regardé, et m'a tendu un ballon orange; en souriant, il l'a noué à mon poignet gauche. Il m'a dit que je pourrais faire des trucs sensas avec. J'ai alors levé les yeux vers le ciel, et j'ai inspiré l'air comme jamais, le ballon m'a entraîné vers le haut.
Je ne veux plus redescendre.

20 janv. 2009

Les sabliers givrés de Kozlika, amorce de Mavie

GRAIN 9

Je me suis réveillée la bouche pâteuse, un horrible sentiment de fierté pointant dans le cœur, un rire sardonique. J’ai ouvert mes volets violemment. Ils se sont abattus sur le mur puis m’ont claqué dans la gueule dans un retour à l’expéditeur digne du meilleur des boomerangs. Je me retrouvais au sol, à même le lino, le nez en compote, le front douloureux, un œil amoché. Hagarde, je me relevais et marchais en longeant le mur jusqu'à la salle d'eau. Le miroir au-dessus du lavabo était d'une franchise totale. Avec un gant brûlant, je nettoyais ma face. J'en avais vu tellement d'autres.
C'était inné chez moi,la casse. J'avais ma façon de tout rompre : les objets, les os, les contrats, les amitiés, les amours.
Mille sabords.
J'avais toujours su me faire du mal toute seule, j'étais un cas d'école.
C'était ma façon de voir si on saurait recoller mes morceaux.

LES SABLIERS GIVRES DE KOZLIKA, AMORCE DE KRAZZY KITTY

GRAIN 8

Les potions magiques, c’est très facile. Il suffit d’avoir quelques ingrédients de base (la cendre volcanique et le venin d’Acromentula sont indispensables). Ce soluté-là a permis au grain 8 de parvenir au petit matin jusqu'ici, au fond du sablier. Coincé qu'il était, le petit grain 8, la peur de tomber probablement.

Une autre potion magique bien connue, c'est celle de la glu. les jardiniers préconisent :
8 parties de résine en poudre,
4 parties de térébenthine,
4 parties d'huile de lin,
1 demi-partie de miel.

Cependant, pour faire une Miss Glu, l'alchimie parfaite repose sur :
1 cuiller d'inconscience
2 pincées de solitude
3 doses de mensonges
1 source pure de souvenirs
et quelques secondes d'émulsion, votre lecture...

19 janv. 2009

FOLLE PARENTHÈSE
Entre deux grains de sablier, un grain de folie.
Folie de faire revivre mon grand-père un instant, ici. Car le faire apparaître, c'est présenter aussi ma grand-mère. C'est animer une table de cuisine de tous ses bruits de repas, de ses conversations animées. Ses rires. C'est sortir du four un hachis parmentier, mélanger les feuilles d'une laitue rouge au vinaigre fort. C'est servir des fraises et leur jus.
Ce hachis... C'était le clapier et le poulailler réunis, de lourdes pépites enfouies dans la terre brune, des bouquets variés verts de l'allée des vignes, une crème de lait encore tiède, l'ail et l'échalote, un four rudimentaire dans lequel une allumette était sacrifiée.
C'était aussi un moulin à légumes grinçant, dont la poignée ronde se dévissait ; c'était le gros sel dans la casserole, des couteaux généreusement aiguisés, dont le simple profil faisait froid dans le dos.
C'était si bien.

18 janv. 2009

Les sabliers givrés de Kozlika, amorce de Lyjazz

GRAIN 7

C’était le soir béni où l’air était tiède et sentait la montée de sève. Le soir attendu où la fenêtre était enfin ouverte et où je brûlais d’envie d’être en manches courtes. Dehors, la nuit s'installait dans ses draps rose ; le marronnier en fleurs était chahuté par quelques nids d'oiseaux. Je rechignais à allumer l'applique, laissant la pénombre recouvrir chaque élément de la maison ouverte sur mai.
90 printemps avaient beau m'avoir appris à connaître les tonalités du crépuscule aux beaux jours, je restais sous le charme de cette ambiance chargée de promesses.
Je songeais à ce printemps de 2009, j'étais si jeune alors, quand Jean posa sa tête contre mon coeur. Je n'ai jamais été si heureuse que ce jour-là.

17 janv. 2009

Les sabliers givrés de Kozlika, amorce de Bbt

GRAIN 6

Ce matin, derrière la petite porte du n°5, des trucs pas très ragoûtants… Un œil orange et gélatineux, et un alien bleu à cheveux verts. Depuis qu'il travaillait ici, il en voyait des bizarreries , c'était d'un banal...

Comme tous les jours, le premier métro l'avait bercé, le froid piquant du matin l'avait renfrogné. Une fois son badge d'entreprise activé, il s'était déplacé en hâte dans les couloirs grisâtres, avait déposé ses affaires dans le casier n°5 qui lui avait été attribué et ne quitterait les lieux qu'à l'arrivée des premiers employés, vers 8h20.

Sur le contrat, son job, c'était vider les poubelles, passer l'aspirateur, faire les toilettes. Seul sur trois plateaux éclairés de néons. Inévitablement, il retrouvait des pots de confiture d'orteils sur le bureau de l'assistante du directeur général, des colliers de dents bleuâtres suspendus au paperboard du marketing.

Bosser dans les farces et attrapes, bien qu'animiste, il n'en avait jamais eu peur. Ah, ces colifichets de Blancs, que du caoutchouc !! Lui, ce qu'il redoutait, c'était la tête de sa femme le surprenant à remplir un ticket de pmu.

Elle était alors terrible, et son fameux mafé, elle le troquait contre des nouilles.

16 janv. 2009

Sabliers givrés de Kozlika, amorce de Benjamin

GRAIN 5

La tripoteuse de tête est rentrée de vacances. On se revoit donc, dans le moelleux de son cabinet. Tout est doux chez elle, les tapis, le fauteuil, son sourire, ses yeux. Pas sa voix. Elle a le phrasé râpeux. Toujours au bord de la quinte de toux.
C'est Bob qui m'amène chaque fois, j'ai bien essayé de lui faire comprendre que je pouvais y aller tout seul. Il est vraiment bouché, celui-là.
Quand je l'ai revue, le 6 janvier, j'étais tout content, j'en tremblais, au point qu'ils se sont inquiétés. Résultat : je me suis retrouvé branché au tensiomètre et elle m'a fait une prise de sang. J'étais moins fier, mais j'ai su profiter de la situation. Je la zieutais intensément : ses chevilles fines, sa cambrure sous la jupe en tweed, la blouse blanche servant son teint rose, le collier Petty si chic...
Elle s'est approchée, a pris ma tête entre ses mains et elle m'a embrassé,
là, devinez où...
Bob, lui, a tapé du pied, énervé; puis a expliqué que j'avais été vilain,
car j'avais croqué par dépit quelques bigorneaux la nuit du réveillon alors qu'un rosbif pommes de terre rendait son jus dans le four.
Sa main à elle, souple et câline se baladait sur moi,
comme je bichais !
Alors, elle a dit à Bob de revenir dans une heure. Elle m'a installé, j'étais plus consentant que jamais, tout était si prometteur... J'ai ouvert la gueule parce qu'elle l'a demandé gentiment, et elle a commencé à me détartrer, une Lucky Strike au bord des lèvres.
La cendre tombant par paquets incendiaires me grillait les poils, les babines, la couenne.
"Eh, eh !" pensais-je, "cela nourrit nos projets de retrouvailles chez elle,
avec ou sans Bob".
A la fin, elle me regarda et souffla de sa voix rauque :
"Nom d'un chien, quand tu m'souris, qu'est-ce que t'es beau !".

14 janv. 2009

Sabliers givrés de Kozlika, amorce de Saperli

GRAIN 3

Oups, ça fait bizarre, non ? Avant, il me parlait de mon succès assuré en amour, de mon impatience coupable au travail, de mes relations sociales asymétriques et là, une citation sur les gens qui se croyaient indispensables.
Cela fait des années que je vais deux fois par semaine chez lui.
Au début, j'étais si mal que je ne pouvais rien dire en séance.
Je venais là à l'heure entendue et je restais silencieux, bien que nous soyions face à face. Il me regardait longuement puis feignait de s'intéresser à ses chaussures ; je fixais les franges du tapis, son ombre sur le divan, je cachais mes mains dans les manches de mon pull. Lui, attendait tel un chat sur un radiateur, la fin du frimas.
En effet, au bout de quelques mois, je fis un rêve cotonneux, venu de si loin, si doux, que j'en fus secoué. Cela m'a gêné, et m'a rendu tout chose des semaines durant.
Alors j'ai commencé à parler et très vite à me répandre sans retenue. Il devait arrêter le flot des paroles. Il disait que c'était bien, à l'époque.
Je l'ai vite trouvé attendrissant, si vulnérable.
De moi en moi, j'allais de mieux en mieux, mais lui... comme il vieillissait !
Je ne pouvais pas le lâcher comme ça.
Cela fera, attendez, dix ans, oui, dix ans, que je viens deux fois par semaine le voir.
C'est que je lui suis indispensable, maintenant.
Mais pourquoi ce sourire ?

13 janv. 2009

Sabliers givrés de Kozlika, amorce de Malgven


GRAIN 2

Lundi, je fus pris d’un grand coup de blues. Alors je suis allé faire un tour du côté de mes balades adolescentes. Je posai ma serviette, mes dossiers sur la fusion acquisition SDR55, mon portable sur la console, dans le corridor. Je me déshabillai aussitôt.
Veste, ceinture, pantalon, richelieus, boutons de chemise, chemise, cravate, chaussettes, marcel, montre, tout fut ratatiné à mes pieds.
Je gagnai ensuite la salle de bains. Face au miroir, l'homme que j'étais devenu : vieilli, le muscle fondu. Mes doigts se perdirent dans les nombreux cosmétiques laissés par mon épouse. Quinze jours qu'elle cherche trace de sa jeunesse dans l'équipage d'une croisière sur les mers arctiques.
Je pris un de ses rouges carminés et marquai deux signes sur mes joues. Puis les eye-liners, les fards, les poudres autobronzantes m'occupèrent. Je gagnai ensuite mon bureau, et ouvris le tiroir de ma bibliothèque. Au bas, je pris le vieux carton vert. J'enfilai aussitôt son contenu, ma tenue d'apache, celle de mes quinze ans.
Un face-à-main posé là me permit de convenir que j'avais encore de l'allure.
Je souriai intérieurement. Je fumais le calumet d'une paix signée en toute discrétion, celle unissant le président du directoire de la société cotée en bourse et Papillon volant, esprit libre et rebelle.

12 janv. 2009

Sabliers givrés de Kozlika, amorce d'Agaagla

GRAIN 1

Et si, je me disais l’autre jour après avoir entendu une programmation musicale appropriée, et si la femme des “yeux revolver” (Marc Lavoine) et la “femme libérée” (Cookie Dinger) étaient une seule et même personne.
Je me rends compte que je ne sais rien de cette femme qui se dessine sous des jupes fendues (c'est vrai, quoi !) sauf qu'elle passe tous les jours dans "la rue Perce-Oreille" (Pierre Perret) et que j'en suis chaviré.
La voyant piocher dans mon kiosque, je nettoie, l'air de rien, mes lunettes embuées. Cela me donne une contenance. Le genre intello super concentré. Elle dépose ses journaux juste sous mon nez et me regarde droit dans les yeux : Misère ! Elle me tue !
Le Monde, Elle, Le Nouvel Obs, Marie-Claire, et toujours Match en cachette, j'ai l'oeil...
S'appelle-t-elle Frison, Lisa, Suzon ou Lola ? Un de ces prénoms démodés, un parmi mes préférés ? Elle est un peu spéciale, elle fume beaucoup, surtout des p'tits joints de temps en temps. Faut pas lui en vouloir, elle est si fragile ! Est-elle célibataire ou un macho s'endort-il près d'elle ? Ah, le salaud, j'vais le dégommer ! Pour l'heure, je monte le son de ma radio, j'ai l'impression de vivre plus fort quand ça gueule là-dedans. La variété française, ça passe le temps, ça chasse la grisaille de la presse qui noircit mes manches, mes paluches, jusqu'à mes poumons, le cœur de mon ciboulot.
Et puis, si ça me perce les oreilles, j'm'en balance, parce ma femme libérée,
elle a les yeux revolver.

11 janv. 2009

EXTRAIT
"Si les années m'ont appris une chose, c'est ceci : du moment qu'on a un crayon
dans sa poche,
il y a de fortes chances pour qu'un jour ou l'autre on soit tenté de s'en servir.
Et je le dis volontiers à mes enfants, c'est comme ça que je suis devenu écrivain".
Paul Auster, Pourquoi écrire ?

10 janv. 2009

NO COMMENT

9 janv. 2009

LE MAITRE DE MUSIQUE

En écho à Gilda


EN ÉCHO À GILDA,

FAIBLE FEMME

Je n'ai pas été membre de la Leach ligue, j'ai détesté allaiter et j'ai bénit les biberons de 20 ml de lait Guiguoz préparés alors que "la nuit complète" est notre seul fantasme dès la tombée du soir. J'étais à peine mère que je voulais m'échapper des limbes post-partum.

Neuf mois à s'étonner des métamorphoses de son corps, de ce mystère de la vie, c'était bien, parfois long, et amplement suffisant. L'idée de m'installer dans un confort en pilou-pilou, sentant le lait tiède (ou caillé) et la sieste réparatrice au son d'une boîte à musique aux notes cristallines m'angoissait.

La naissance d'un enfant entraînait le nécessaire retour rapide à une vie de femme active. Notre vie était bohème, cela tombait bien. Par chance, il y avait près de moi un homme prêt à être père, comprenant mon désir de me retrouver en tant qu'individu. Retrouvant mes marques, je pouvais emporter partout avec moi notre bébé.
A peine né, je pressentais l'enfant bientôt parti.
Est-ce pour cela qu'ils portent tous des prénoms de voyageurs ?


8 janv. 2009

ALLO ?
Imaginez-le grand, souple comme un chat, jeune. Il est sur la ligne 2, à l'affût d'une occasion. Elle est frigorifiée sur le quai du métro déserté. Elle tient dans ses mains son portable, attendant que celui-ci lui livre un est-ce aime est-ce. Arrivée du métro, arrêt, ouverture des portes. Elle entre et s'assied. Il la voit et se précipite sur elle, lui arrache des mains le portable alors que les portes se referment.
Elle a à peine le temps de le voir. Il est trop tard.
Elle se sent alors coupée du monde, de son monde.
Il a volé les photos, les musiques, les messages,
il n'en a rien à faire, de ce qu'il a dérobé.

6 janv. 2009

Pour Kozlika

Au gui l’an neuf

Ce billet doux

Au gui la teuf

Un bouquet de houx

pendu à la Lune

Un baiser sous le rouge

et du rouge sur la joue

Embrassons-nous

JULIETTE

5 janv. 2009

COURTISANE

Kani Gosei avait été formée par Ikemani Hirobashi. Un cartouche sur une estampe apprend qu'elle vivait dans la maison Shikaku. Elle connaissait l'impermanence de l'existence, lui avait sacrifié son premier et dernier amour.
Comme bien des courtisanes, sa vieillesse fut misérable.

4 janv. 2009


LULU ON THE BRIDGE

Dans Lulu on the Bridge, Paul Auster offre un nouveau rôle à Harvey Keitel. Izzy le saxophoniste ressemble à Auggie de Smoke : un peu largué, plutôt dépenaillé, mais foncièrement bon.
Du film, voici un aperçu via ce clip réducteur.
Bonne occasion de mettre en valeur Harvey Keitel, qui est ici toujours bienvenu.


IL Y A DES JOURS...

... où un dessin ne suffit pas à résumer ce que je ressens.
Par exemple celui-ci, réalisé il y a une demi-heure.
Alors, je vais prendre au hasard un livre, dans la bibliothèque qui s'élève derrière moi.
Je vais choisir une page au hasard et une phrase. Et on verra bien...
"L'un des nombreux inconvénients de la vie réelle, c'est qu'elle fournit rarement la matière d'une histoire complète."
(Sommerset Maugham, Les Trois grosses dames d'Antibes)

3 janv. 2009

TU REGARDES QUOI ?

2 janv. 2009

REFLEXION

1 janv. 2009

PARIS-LA ROCHELLE

Hier, ma voisine de tgv m'a demandé de la dessiner. Elle était très jolie, vraiment très, et j'avais peur de la rater. Je l'ai croqué alors qu'elle se relaxait, lovée contre son sac à main. J'essaierai de la redessiner, de profil, sur post-it.