5 nov. 2009

ORPAILLEURS

Dès qu'ils avaient un moment pour eux, ils filaient dans l'Aude munis de leurs tamis et de leurs bottes en caoutchouc. À s'en casser le dos, ils sassaient tout le jour. Leurs pupilles étaient grillées par les reflets du ciel changeant. Leurs pieds s'enfonçaient dans une pâte épaisse, les fixant dans leur quête liquide. Ils étaient ainsi soumis à l'eau qui leur filait entre les jambes, qui traversait les tamis sans trève, au mouvement qui tournait la tête. La musique de l'eau les hypnotisait, les faisait tenir. Pas question de se retrouver le cul dans la flotte. Quand la poudre d'or anoblissait le fond du tamis, ils n'en croyaient pas leurs yeux. Puis riaient tout seuls en sourdine.