30 déc. 2008

31 DECEMBRE
31 décembre, radio libre. J'ai au bout du fil des femmes et des femmes, elles veulent souhaiter via l'émission une bonne année à leur mari, ami, père, amant, enfant emprisonné. Y. me regarde me dépatouiller et me provoque de son grand rire.
31 décembre, les filles du Lido tiennent toutes dans la boîte télé posée sur la petite table. Elles sont même entourées de plumes d'autruche pour pas se cogner dans les angles. Le réveillon à la télé, c'est déprimant au possible, tous ces gens qui se forcent à rire, à danser, alors que vraiment ce n'est pas drôle.
31 décembre, j'ai planté l'après-midi une copine qui avait réservé un réveillon dans un château de cartes. La fine fleur de nos vingt ans y danse en ce moment. Je suis une ortie, je n'aime pas les mondanités.
31 décembre, salle des fêtes d'un bourg du Gers. Je suis assise à une tablée. Des chips désordonnées dans une assiette de carton. Une soupe à l'ail ouvre le bal. Puis un foie gras est servi, puis un magret de canard. Puis un trou normand. Le vin échauffe les gueules. Des masques ridicules coiffent des hommes dansant à la queu-leu-leu. L'un d'eux projette des boules de papier dans mon décolleté. Très drôle... Minuit s'annonce. Des inconnus me font la bise, le verre à la main, l'homme aux boules de papier en profite pour m'embrasser sur la bouche. J'esquive, je recule, les gens rient. Tous dansent entre les plats, le dessert est fané, mon ami a la nausée, je le retrouve la tête dans un container d'épluchures, vomissant l'année qui débute.
31 décembre, ma chambre. Je suis allongée sur mon lit. Je regarde le plafond. J'ai planté deux amis qui avaient préparé un menu pour le réveillon. Je les trouve assortis, ces deux-là que j'avais présentés l'un à l'autre. Tous deux des amateurs de rôti et de pommes dauphine encore surgelées. On les mariera peut-être au printemps. Je trouve les 31 décembre ennuyeux, c'est tatoué.


MBOK


28 déc. 2008

UN CAFE POUR MOI
Je préfère le bar au pub. Le sol carrelé moucheté à la moquette épaisse. L'arsouille nicotiné sur tabouret au bedonnant possesseur d'un trousseau de clés bmw étalé sur le zinc, vidant son troisième Four roses.
Pourquoi ? Tout simplement parce que dans les bars populaires, il y a toujours une banquette libre. De plus le patron préfère essuyer ses verres plutôt que placer les clients. Je déteste les cafés parisiens bondés, où le client n'est qu'un veau à l'abreuvoir.

DIMANCHE D'HIVER


C’est un après-midi d’hiver, quelque part en ville. C’est un appartement situé au rez-de-chaussée d’un petit bâtiment, entouré d’un espace vert où quelques arbres rappellent qu’il y a quatre saisons en France. Un pigeon ventru et un merle fouinent le sol au pied de la haie de troènes. Le feuillage n’est plus qu’une dentelle que le soleil distant rend translucide. Le même soleil trace des traits larges sur le mur du salon. Il y a deux canapés couverts de plaids, d’étoles et de coussins en désordre, une table basse sur laquelle des revues ont récemment été parcourues.

Un appareil diffuse Errol Garner déchaîné sur son piano. Il grogne, l’artiste. La maison fourmille de ses mille et une notes endiablées. Sur le mur du salon le soleil a disparu.

Il ne pouvait pas concurrencer le jazzman.









Découvrez Errol Garner!

27 déc. 2008


NGWO KOYE



Ngwo Kôye je suis. Chien et singe à la fois. J'aboie et je grimace, je suis la fidélité et l'insolence. Mon peuple m'a vénéré, m'a craint longtemps. Les Blancs m'ont pris et m'ont exposé ici. Je suis un des fétiches du Louvre, les filles m'adorent.

26 déc. 2008

CE N'EST QUE POUR LES GRANDS
Rares sont les occasions de rencontrer de beaux pères Noël. Souvent ils portent mal la tenue, soit trop maigres, soit trop grands. Parfois leur barbe ne tient pas la route, ou ils forcent tant le trait qu'ils ont l'air louche. J'ai rencontré un beau père Noël cette année, aussi voici son portrait à la sortie du boulot. Une fois qu'il a paradé en tête de gondole à Auchan, distribué des paquets argentés à l'arbre de Noël, pris la pose avec des enfants devant des mamys joyeuses, il retire sa capuche, ôte sa barbe, file au bar se refaire une moustache en buvant un demi de bière. Il monte sur sa mob ou prend le tram, et rentre à la maison. Il a deux trois billets en poche, c'est un artiste pour l'anpe. Il sera homme-sandwich samedi aux Halles.

23 déc. 2008

C'EST QUE POUR LES ENFANTS

22 déc. 2008

LUMIERES DE LA VILLE

Chaque soir, la ville est plus clinquante que jamais. Tandis que 5 000 sdf dorment dehors en région parisienne, des messages se répètent de rue en rue sur ciel couleur de papier de crèche. C'est la magie de Noël, dit-on.
Chaque fois que je passe sous une guirlande JOYEUSES FETES, je songe à ces bourgs perdus de gâtine, encaissés dans des vallées ou juchés sur un promontoire, qui présentent à chacune de leur entrée un de ces messages festifs. J'imagine le choix des guirlandes sur catalogue en cours d'année par monsieur le maire et son équipe, le remplacement des ampoules par le personnel communal chaque saison, et je vois les hommes en bleu de travail installer ces sautoirs urbains avec précaution.
La joie des enfants, le coeur des vieux.
Autrefois,nous roulions dans la campagne que la nuit froide rendait hostile.Les virages étaient jaunis de pleins phares. Croiser une autre voiture, c'était être aveuglé.
Nous allions assez vite, au loin apparaissaient les premiers réverbères du bourg. Pâles étoiles. Puis une guirlande suspendue comme du linge à une fenêtre napolitaine écrivait JOYEUSES FETES sur notre parcours. Parfois des lampions rouges, des verts et des bleus.Nous passions sur un petit pont puis contournions l'église au toit carré. Plus loin, il y avait cette maison aux volets rouille dont les fenêtres restaient éclairées tard dans la nuit. Nous ne tardions pas à arriver aux limites du bourg. JOYEUX NOEL était inscrit sur la nuit d'encre. Nous plongions, j'avais peur. Je regardais alors en arrière, lisais LEON XUEYOL, mais ce drôle de nom s'éloignait vite, n'était plus qu'un point, puis un point d'interrogation. Connaîtrais-je un jour ce Léon Xueyol ?

TRACE

21 déc. 2008

DIMANCHE NDOLE
Le vernis des ongles est à moitié parti. Les doigts sont délavés.
Mais la maison sent bon le ndolé. Hier, achat de cette herbe chez la Camerounaise.
Elle les cache, la maligne, ses boules vertes, dans le dos des clients, sous des étagères surchargées qu'elle fait pivoter. Dans ses bocaux, des écorces parfumées, des gousses séchées, ailleurs des sachets de poudre noire, des cubes maggi en cascade. Les poissons salés ont là-bas tout de jets échoués, de Concorde piquant du nez dans la forêt tropicale.
Ce matin, durant trois heures, des arachides blanchies se sont attendries dans une eau blou-bloupe. Dans l'évier, le ndolé était épuré de ses tiges irrégulières et de la moitié d'un mille-pattes camerounais, sans-papier, cela va de soi. Des échalotes dansaient le bikutsi avec un oignon et l'huile dingue. Sur le bois brut, du gingembre et de l'ail, de l'échalote grise et des crevettes séchées canaient. Les arachides ont été réduites en purée lisse, le ndolé a fait le tour de la marmite en cuisant dans l'eau, le temps de rêver en buvant un thé fumant.
Et alors, il était temps de réunir l'arachide ronde, le ndolé essoré, les échaloignons dorés, l'ail, la grise, le ginger, la crevette.
Les saveurs se sont concurrencées, frottées, mêlées.
Quand je servirai ce ndolé, il sera accompagné d'un riz blanc ou de plantains plus jaunes que les bijoux d'une Peul.
Il sera déraisonnablement brûlant, parce que c'est ainsi qu'il doit être approché.
Le ndolé est de ces plats que l'on apprivoise, la langue ne doit jamais l'oublier.

19 déc. 2008

MAMMA

18 déc. 2008

SORROW
C'est l'histoire d'un post-it qui se prenait pour une esquisse de Van Gogh, Sorrow.
Trop drôle. Sorrow, c'est le mot qui me vient en tête quand j'écoute Folon. C'est le titre d'une chanson de Salif Keita sur sa condition d'albinos. Trop belle.




Salif Keita Folon'
envoyé par mik2l

17 déc. 2008

EN RELISANT TA LETTRE

16 déc. 2008

NAISSANCE
Quand je songe au plus beau jour de ma vie, je vois naître mon premier enfant.
Ce soir de décembre, les larmes de bonheur et le rire se mélangèrent.
Pour la première fois, j'ai eu le sentiment d'être intensément vivante, éreintée mais victorieuse.Nous étions deux à naître.

SARAH

15 déc. 2008

BETTY P. DE DOS...
... n'intéressa personne. Quel dommage !

14 déc. 2008


LA GRANDE ILLUSION

13 déc. 2008

ALAIN SOUCHON


Un jour, au 77 ou 78, non 77, Passage de l'enfance, j'avais une chanson en tête, Bidon. Un hiver plus tard, mon grand-père me faisait rire en chantonnant "Tu verras qu'un beau matin fatigué...". Au 85, Impasse du lycée, je trouvais dans La Ballade de Jim des échos à un chagrin secret. Au 93, Place de l'Anpe, j'écoutais Foule sentimentale. Et devant la vitrine d'un brocanteur Rue du Cherche-midi, perdais mon regard et mon ennui dans l'étalage de vieilleries. Alain Souchon à côté contemplait une petite huile. Rue de la Comédie, Le Zèbre faisait son numéro. Au 03, Cour de l'Anpe et Chemin de l'Infirmerie, nous oubliions nos soucis en partageant La Vie ne vaut rien.
Au 08, Escalier du hasard, j'aime toujours autant la simplicité désenchantée de Souchon.

12 déc. 2008

OUAF-OUAF

11 déc. 2008

STEF


10 déc. 2008

MON FRERE
On ne se connaît pas. Je passe à côté de toi et je ne fais rien de plus que laisser tomber des ronds de métal dans la gamelle posée à tes pieds. Nos regards se rencontrent une seconde. Est-ce toi ou un autre qui dort sous un carton au 136 Boulevard de Sebastopol ? Est-ce toi ou un autre que j'ai vu se réchauffer le ventre à même la grille d'évacuation du métro, place de l'Opéra ? Est-ce toi ou un autre qui est mort à Carcassonne la nuit dernière ?

9 déc. 2008

C'EST UNE CARTE DE TOI ...
... partie de Chine il y a deux mois. La muraille, irréelle, s'y dessine.
L'écriture rapide en dit long sur ton exaltation.
Toi l'enfant née aux confins des palmeraies de l'Afrique centrale, toi la fille carencée de mère, toi la révolte bouillonnante, tu as pensé du bout du monde à nous...

8 déc. 2008

BAGUE

Les origines de ce bijou sont obscures. Que sait-on ? Elle provient d'une brocante de campagne, perdue qu'elle était dans un fatras de vieux objets rouillés, de rubans froissés, de bouchons de carafe bleutés. C'est une bague d'homme en argent.
Elle alourdissait l'auriculaire du mari d'une mamma benz, une de ces reines du coton.
OU
Elle flottait sur l'annulaire d'un griot à la voix éraillée, qui la perdit dans un battement de mains.
OU
L'artisan malien qui la fabriqua s'inspira du visage de sa mère quand elle lui chantait
Yuamdje naan limbi
OU
Elle fut achetée sur un marché par Paul B., coopérant au Niger. Il la porta à l'index pour épater les filles à son retour
OU
Une de ces Maliennes à bébé dans le dos, toujours négociant les prix au mieux, la portait à l'annulaire (en souvenir de son père qui lui légua) et l'a perdue en fouinant sur le stand de la brocante.

BERENICE

BALLON

Tu zoues avec moi ? Tu zoues, dis ?

6 déc. 2008

YANNICK

5 déc. 2008

L'HOMM(AG)E A LA TETE DE CHOU
J'ai l'impression du déjà-vu
Dans tes yeux qui m'observent
A ton regard j'ai déjà lu
Les doutes les réserves

4 déc. 2008

DIS, TU VEUX BIEN ?

MARCELLE

2 déc. 2008

PRETE-MOI TA PLUME !

1 déc. 2008

SOLEIL AVEUGLANT

ISABELLE

BARBES