30 nov. 2008
29 nov. 2008
28 nov. 2008
27 nov. 2008
PASCALE
Tu sortais beaucoup, tu sortais chaque soir. Au premier rang en cours, tu te limais les ongles en écoutant le prof débiter son cours de philo. Quelques années plus tard, je t'ai vue un matin en larmes dans une de ces rues toujours grises et vides. Tes sanglots rompaient l'image que j'avais de toi. Tu étais alors étudiante en doctorat et te destinais à l'enseignement. Plus tard, à un concert, je t'ai retrouvée. Deux femmes molosses t'encadraient. Tu n'avais plus d'ambition universitaire. Elles ont dit que désormais tu profitais de chaque instant. Ta liberté passée , où était-elle ? Tes taches de rousseur étaient couvertes de squames blanchâtres. Des années passèrent, je t'ai revue il y a un an. Ton visage avait pris vingt ans, tes cheveux avaient perdu leur éclat. Tu vivais de musique sur une île des Antilles. Tu m'as dit que je n'avais pas changé.
26 nov. 2008
25 nov. 2008
23 nov. 2008
Pas question de courir après les pigeons qui ont la chair de poule, de courser le chat des voisins qui a du chien. Pas question. Dehors, le tricycle goutte, les bâtons de randonnée font un fagot, les géraniums ont des binettes de bonzais à l'état zéro. Dedans, sous la lumière jaune, des menottes laissent des traces de farine sur la planche à cuisiner. Une tarte dore non loin. Des cookies de fortune renferment des messages elliptiques. Quel sera demain ? En attendant, l'écran bleu de la télé capte la rêverie...
22 nov. 2008
21 nov. 2008
20 nov. 2008
19 nov. 2008
18 nov. 2008
17 nov. 2008
15 nov. 2008
13 nov. 2008
12 nov. 2008
10 nov. 2008
9 nov. 2008
6 nov. 2008
5 nov. 2008
8h05 la sonnette retentit. C'est l'un de nos voisins. Un homme jeune vivant seul, toujours aimable, dont nous ne savons rien de plus. Salutations. Surprise. Il tend un sac de papier contenant des croissants. Il explique : je n'ai pas dormi de la nuit, je suivais les élections. Et je suis électrisé, je pense aux enfants de demain, et je me dis que le monde va changer. Voici des croissants pour vos enfants et vous-même...
3 nov. 2008
SOIR DE NOVEMBRE
Sortir de l'entreprise
Constater que la nuit est là
Sentir la douceur de l'air
Paradoxe de novembre
Sortir les deux clés reliées ensemble
Déverrouiller l'antivol de la roue arrière
Le rattacher au siège bébé
Déverrouiller l'antivol de la roue avant
Le placer sur le guidon
Placer la dynamo sur le pneu
S'asseoir
Ajuster l'écharpe de laine
Les écouteurs, le volume
Démarrer doucement sur le trottoir
Constater que la lampe avant n'éclaire pas
Accélerer et freiner face aux vitres miroir d'un bureau BNP
En être maintenant sûre
Penser à regret que le gilet fluo est à la maison
Accélérer dans la nuit
Aller le plus vite possible
Vigilante
Faire gaffe aux feuilles mortes glissantes
Surtout dans les virages généreux
Aux voitures à l'arrêt
Aux bus pressés
Aux Scooters immatures
Aux rollers sauvages
Etre côte à côte avec une Twingo blanche qui swingue et qui tangue
La doubler dans la côte
Quand le bus devant ralentit tout
Ignorer le feu orange mûre
Obliquer sur la voie qui longe la voie ferrée
Passer sur le petit pont qui l'enjambe
Entendre une chanson à la radio de Véronique Sanson
Une de ces chansons dont on se passerait bien à cet instant
Ignorer le feu vert de rage
Rouler sur les trottoirs allègrement en slalomant pour se griser
Prête à décaniller une poubelle Babel
Mais freiner face à l'avenue clinquante de phares, de klaxons
Ignorer le bonhomme vert mûr
Traverser
Rouler sur le trottoir lissé
Passer devant le japonais, l'interim
Tourner, puis arriver
Entière.




































