30 sept. 2008
29 sept. 2008
28 sept. 2008
27 sept. 2008
25 sept. 2008
Quand j'étais môme, adulte était un mot étrange. Si c'était une musique, c'était un air de Miles Davis. Si c'était une odeur, c'était celle de la cigarette. Si c'était une voix, c'était le rire rauque d'une femme flattée. Si c'était un temps, c'était un temps de chien. Si c'était un film, c'en était un, avec carré blanc. Si c'était un alcool, c'était un vin cuit...
Adulte n'était pas un rêve. Etre grand en était en revanche un. Je n'ai jamais désiré être adulte. Je pensais échapper à ce que j'observais chez les autres. L'adulte était dans la jachère de mon enfance pas loin d'être une insulte.
Parfois, un jeune regard acide vient me rappeler mon état d'adulte; je le vois chercher en moi réponse à l'une de ses questions intimes.
Que faire, sinon lui sourire ?Je ne vais pas lui raconter qu'une fois les années passées, les interdits levés, on ne souhaite que revivre la quintessence des premières années.
24 sept. 2008
23 sept. 2008
21 sept. 2008
19 sept. 2008
Fais-moi le poisson braisé, et des alokos bien dorées. Ou un gombo de poulet fumé avec le riz gluant de ton Chinois.Fais-moi oublier le chantier, le papier peint de ce logement.
18 sept. 2008
17 sept. 2008
PLAIDOYER POUR L'AMOURPour qui ne baroude plus, pour qui n'a plus les pataugas teintées de latérite, l'aventure a des accents exotiques un peu vains. La routine a ses avantages : elle ménage le coeur, elle dorlote, elle rassure.
Les amours naissantes semblent alors des entreprises pharaoniques, épuisantes.
Cependant, un amour naissant est fabuleux.
Lelle est ainsi amoureuse depuis mars. Un amour miroir, un amour inouï, un amour tout nouveau pour elle. Idée bizarre : elle m'a demandé de scanner ce timbre, dont elle fera des sets de table, car son ami le lui a envoyé récemment.
Lelle a les yeux qui pétillent, Lelle a le sourire aux lèvres, Lelle pense à elle et à lui à lui et à elle, à lui, à elle, et tire la langue au dernier macho qui lui a fait trois rides. Lelle m'a confié ses plantes vertes depuis le début de l'été et se moque bien de les reprendre.
Lelle aime comme elle respire.
16 sept. 2008
15 sept. 2008
14 sept. 2008
12 sept. 2008
11 sept. 2008
10 sept. 2008
9 sept. 2008
j'aime la démarche, le regard doux et le sourire ravageur, la jungle des cheveux, les rires spontanés, les lunettes à une branche, rocky, la rogne jamais loin.
L'enfance qui affleure si vite, l'autodérision.
8 sept. 2008
7 sept. 2008
que les mains d'une femme dans
la farine...
LES CASANOVA DE MON QUARTIER6 sept. 2008
Au café, elle aimait le thé quand on lui servait dans un verre cerclé de métal. Ce Ceylan était généralement accompagné d'un petit pot de lait tiède. Et le grand plaisir de la demoiselle était de chauffer ses doigts contre le verre en faisant semblant de ne rien entendre de votre conversation. Puis de se brûler à l'âpreté du thé brun. Après quoi, elle versait une goutte de lait. Et goûtait. Puis une autre goutte. Et découvrait chaque fois le thé décliné aromatiquement, chromatiquement. A la fin, le lait au thé était crème et froid. C'était le moment pour vous de payer.
Une agitation désordonnée règne .
Elle n'a pas trente ans. Trop mince. Sa robe déchirée montre la féminité la plus désarmée, celle qui ne provoque aucun désir. La poussière de la route donne à la toile verte de sa mise des aspects de taffetas flétri.
Pieds nus, elle arpente la route machinalement, ne semblant ni voir ni entendre.






































