Regarder en arrière, puis aller de l'avant
31 août 2008
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Timbre
30 août 2008
Des Post-it, des feutres fluorescents
Revoilà Miss Glu
Ca ne pouvait pas durer
Alors ça recommence.
Revoilà Miss Glu
Ca ne pouvait pas durer
Alors ça recommence.
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Timbre
27 août 2008
CYBERUne rampe de néons tristes, des joueurs en réseau, un tout-petit sur les genoux, qui placerait bien des m, des c, des je-ne-sais-quoi entre les mots écrits à la va-vite.
Ici tout est minuté,
aux antipodes de ce que nous vivons depuis des jours.
Bientôt nous retournerons dans la nuit maritime.
Plus tard nous serons de retour à Paris.
Avec les Antillais, les Africains et les Sri Lankais du RER A.
Et les amis...
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Résine
21 août 2008
Se réveiller en regardant le ciel
S'inquiéter d'un nuage sombre
Se réjouir d'un bleu franc
Se perdre sous les arcades
Rêver des pas qui ont martelé leurs pavés
Avoir les yeux pleins de ces façades blanches
Se confondre dans l'eau
De l'île aux mille sels
Rire avec les enfants
Sourire à celui qui fait la photo
S'inquiéter d'un nuage sombre
Se réjouir d'un bleu franc
Se perdre sous les arcades
Rêver des pas qui ont martelé leurs pavés
Avoir les yeux pleins de ces façades blanches
Se confondre dans l'eau
De l'île aux mille sels
Rire avec les enfants
Sourire à celui qui fait la photo
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Résine
12 août 2008
Longtemps, je me suis couché de bonne heure.
La nuit était un chapeau de feutre trop grand.
Aujourd'hui je le retarde en écrivant ces lignes... mais il est devenu un ami.
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Timbre
11 août 2008
Il est tard, et pas tard à la fois.
Pas tard pour le touriste dans Paris, pour les amis qui discutent à une terrasse de café. Tard pour les enfants qui attendent leur mère, et qui n'ont pas voulu dîner sans elle.
Tout est prêt : les assiettes, le melon, les plantains, les regards lourds de reproches.
Elle découvre, elle a trois maris ce soir : le légitime est confiant, les deux fils moins.
Le plus grand demande:"Alors, c'était bien ?".
Le plus petit semble bouder. Vite.
A table !
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Résine
10 août 2008
SAMEDI SAFOUS
Château-Rouge, l'après-midi.
Les femmes sont alignées sur le trottoir et vendent des safous dans des caddies, dans de larges sacs.8 safous pour 5, 10 safous pour 5, c'est à la tête de client. Certaines écoulent des chenilles énormes noires et oranges, emmêlées dans des sachets de congélation.
Les safous sont beaux, violacés et brillants.
Certains ont été écorchés pour attester la fraîcheur du fruit. Trois policiers dans le haut de la rue créent l'affolement. C'est la cohue sur le trottoir, les femmes se dispersent, quelques safous roulent dans le caniveau.
Dix minutes après chacune a repris sa place, mais pas les chenilles.
Où diable courent-elles ?
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8 août 2008
FRANCOISE
Cela faisait des jours que je la voyais trimer comme une malade devant son écran, étirant son temps de présence, concentrée.
Elle ne m'avait rien promis, elle avait même été plutôt claire.
Il ne lui serait pas possible de produire une telle quantité de travail avant son départ en vacances. Je l'avais compris et n'avais plus rien attendu d'elle.
A mon retour de déjeuner aujour'hui, des dossiers avaient été posés sur mon bureau,
avec ce post-it anonyme : CADEAU !
Chère Françoise, j'ai vraiment apprécié.
Comme j'aime aussi ta sensibilité bien enrobée d'humour féroce.
Belles vacances, mademoiselle.
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7 août 2008
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Myriam Makeba ouvre Afrique enchantée de ce jour.
Spécial Afrique du Sud.
Cette chanson faisait un carton quand J. était enfant.
L'aîné de la famille.
Les photos sont rares, les aïeuls disparus.
Personne ne peut me dire l'enfant que fut J.
Je dois regarder l'homme qui est face à moi et repérer dans ses gestes leur genèse,
dans ses rires, la tonalité des débuts.
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J'ai éteint l'ordinateur, vidé les gobelets, débadgé, pris le bus, et me suis allongée presque fiévreuse. Le temps que tu arrives. Nous avons parlé, souri.
J'ai pris une douche presque froide, j'ai changé de vêtements. Nous sommes partis chez Marcel. Le Cameroun dans la rue de la Réunion. J'ai mangé un bongo tchobi brûlant. Un délice. Nos verres de ginger s'entrechoquaient, nos gorges bientôt éprouvées par le gingembre pur glacé. J'ai embrassé Marcel, avec l'impression de porter à ma bouche un baba au rhum tiède.
Je suis allée jusqu'à un lieu assassin, où le temps fondait aussi vite que les glaçons d'une menthe à l'eau. On y évoquait une histoire formidable et terrible.
Demain, les dicos, les dinos, les dix mots, les dix heures aussi.
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Résine
5 août 2008
Ne pas voir
Ne pas être vu
Ne pas fermer les yeux,
mais se cacher ainsi de la peur du lendemain
en écoutant Donny Elwood
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Résine
4 août 2008
13 ans depuis sept mois, une crinière de roi lion, indomptable, sensible.
Très vif, bientôt plus grand que moi.
Le premier enfant.
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3 août 2008
MATIN
Eclater de rire peut-être dans un dernier rêve
Se réveiller un peu
Regarder l'heure
Déjà ?
S'étirer paresseusement
Lire les lignes de lumière tracées par les stores
Sur le mur
Découvrir ainsi l'histoire du jour
Penser qu'il fera beau
Se lever
Ouvrir les stores du salon
Entendre le pschitpschit du jardin irrigué
Regarder le concierge en marcel s'éclater de ses jeux d'eau
Déjà ?
Ouvrir les stores de la cuisine
Voir courir le lierre
Sur le mur
Faire bouillir l'eau
Ouvrir la boîte de thé
Se réveiller différemment
Prendre la théière blanche
Y jeter deux cuillérées
Entendre le pschitpschit
Arrêter le feu
Verser l'eau frémissante
Regarder l'heure
Déjà ?
Penser qu'il fera beau
Espérer la pluie
Prendre la théière blanche
Se brûler les doigts en versant le thé
Arrêter le feu
Verser l'eau fraîche sur les doigts
Entendre le pschitpschit du robinet
Se réveiller vraiment
Déjà ?
Porter à ses lèvres le thé fumant,et là j'ajoute un sucre et je tourne la cuiller dans la tasse en me demandant si ce geste refroidit le thé ou si cela le réchauffe puisque quand il fait froid, on se réchauffe en se frottant les bras, le dos
Voir courir le lierre
Sur le mur
Lire ses lignes
Découvrir ainsi l'histoire du jour
Regarder le concierge en marcel s'éclater de ses jeux d'eau
Espérer la pluie
Eclater de rire peut-être dans un dernier rêve
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Voilà 3 biberons qu'il est parti. Il est quelque part, trottant dans les chemins verts, guettant la reinette depuis le pont de bois, sentant la feuille de menthe sauvage, rêveur. Il refile des bouts de poulet en douce à un greffier roux bonhomme, exécute quelques mouches sans pitié, s'amuse à moudre des lentilles avec un vieux moulin à café.
La mère pense à lui, croit l'entendre, le cherche dans la maison. Animale.
Elle l'espère radieux et songe à leurs échanges tendres, à la main qu'il perd dans ses cheveux quand il est fatigué.
Est-il heureux ?
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Résine
1 août 2008
Fiche technique 1
couper trois miroirs longs et identiques, les souder avec du gros scotch.
Fiche technique 2
opacifier une des faces d'une petite boîte transparente remplie de pampilles, gouttes, papier calque multicolore.
Fiche technique 3
Monter le jeu dans un rouleau de carton de Sopalin, créer un système optique au bout.
C'est ainsi que cela avait commencé : un exercice en classe de travaux manuels.
Très vite le kaléidoscope est devenu mon jeu préféré.
Regarder et faire tourner lentement l'objet. S'arrêter net.
Rêver un oeil ouvert, l'autre clos.
Partager la beauté de l'une de ces vues en passant l'objet avec infiniment de précautions à l'ami. Savoir que chaque vue est unique, fragile, fugace.
Aimer les vues les plus épurées ou non, les plus claires, les rechercher dans des gestes nerveux. Ralentissement. Bruit d'un bâton de pluie.
Ce jeu est la vie même. On ne revient pas en arrière, chaque plaisir est merveilleux et fragile, évanescent.
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