30 mai 2008


DON ET DEMANDE

Donner et demander ? C'est kif-kif.
Celui qui donne trop peut trahir une envie d'être aimé.
Celui qui demande révèle par l'assiduité de sa démarche sa dépendance.
Trop demander c'est tyranniser.
Trop donner c'est phagocyter.


UN BAISER

29 mai 2008

BRESIL/NIGERIA

Joao Gilberto, Elis Regina, Marisa Monte, Antonios Carlos Jobim et Chico Buarque chantaient aujourd'hui leurs airs brésiliens. J'avais été les chercher, pensant ne pas les connaître. Mais un disque de Stan Getz m'avait familiarisé à leurs classiques.
Ca coulait tout seul, sans effort, alors que j'étais au travail, fixant mon attention dans l'ambre de la lampe de bureau.
C'était sûrement trop facile.
J'ai quitté le bois de braise pour le Cap Vert.
Sara Tavares, Cesaria Evora.
"Plus bas, plus bas !", me soufflaient les rythmes assourdis.
Nigeria : Femi Kuti étranglait les cuivres de sa musique funk, souple, nerveux, clairement sombre et vindicatif, comme son père.
Black man know yourself, don't forget your past
Son père... Fela jouait des pulsations et des mots comme un stratège, tendant les nerfs du public dans une attente hypnotique. Le regard de Fela, calculateur depuis son orgue, le geste fort.
Afrobeat.


L'EAU TROUBLEE
Prenez un grand verre. Remplissez-le d'une eau minérale, non pétillante.
Contemplez la limpidité, le jeu de lumière de l'eau dans le verre.
Une goutte de grenadine, et tout est changé.
Il n'y a plus d'eau, il n'y a pas encore de grenadine.
C'est une mutation lente, irréversible, un rapport de force.
Une transparence teintée.
Rien n'a plus le même goût.
Comment je fais ?
Je fais comment ?



28 mai 2008

CLARA 1941

27 mai 2008

MON AGENDA TAIT

Dans ce carnet défilent les jours, les semaines, les saints et les saisons. J'y inscris scrupuleusement la liste des dossiers en cours, les congés des collaborateurs, les dates de réunions, la répartition des travaux entre auteurs. Les vacances.
Cet agenda ne livre rien de mes journées réelles, de ce qui est impalpable. Les rires, les songes, la contemplation furtive d'un ciel gris.

POURQUOI DIS-TU CELA ?

26 mai 2008

LA TISANE DE FRANCIS PONGE

Dans Le parti pris des choses, le poète compare l'automne à une tisane froide.
Mai là, c'est le printemps, rien à voir !
Pourtant...

Je filais sous la pluie ce soir, dans les rues bordées d'arbres.
Des arbres épaissis par des kilos de feuilles fraîches, vertes.
Soudain, une odeur de tisane emplit l'atmosphère.
Insolite.
La pluie sur les tilleuls en fleurs, additionnée à la chaleur orageuse avait créé les conditions idéales pour rappeler le parfum des tasses de tisane, si vives sous la lumière crue de la cuisine.
On les buvait, enfant, pour apprivoiser la nuit, avant de regagner les lits de plume aux draps rèches frais.
Obscurité.
Au-dehors, la campagne parlait mystères. Des vers luisants créaient des éclats phosphorescents au pied des tilleuls.

25 mai 2008

LA MOME VERT DE GRIS
Je veux du vert.
Les eaux épaisses et statiques du marais poitevin. Opacité des nappes de lentilles d'eau, bruissement des frondaisons sous l'effet du vent. Jeu chromatique recto verso des feuilles de peuplier.
Les cosses des petits pois, ouvertes au jardin. Vert gai, vert velouté. Dans l'une d'elles, cinq pois, accolés comme des orteils de bébé. Plus ou moins sucrés.
Une menthe à l'eau sirotée à la paille sous un parasol délavé par le soleil. Vert de môme grise.
Je veux du vert.