17 juin 2008
16 juin 2008
15 juin 2008
REQUISITOIRE CONTRE LE PERE DE DORAOn l'appellera du nom qui était inscrit sur son tee-shirt. Dora.Les jambes en z dans des rollers trop grands, elle était arrimée à l'un des plots du passage piétons.
Celui de l'avenue du Général de Gaulle, l'une des voies les plus dangereuses du quartier.
Dora était en larmes. Elle avait six ans, les jambes prises dans ses carcans roses.
Son père l'avait laissée là, afin qu'elle traverse seule la route. Depuis combien de temps ?
Main dans la main, nous avons traversé le passage piétons, faisant s'arrêter quelques automobilistes. J'ai accompagné l'enfant jusque devant la grille de l'impasse qui menait chez ses parents. Avec un sentiment intense : la colère contre l'irresponsabilité du père.
14 juin 2008
13 juin 2008
12 juin 2008
Voici Alcina, offrant mine de rien de l'amour.
Avec légèreté et rires.
Parfois ce sont des morilles, des plants de tomates ou des roses et des marguerites dans des feuilles de pivoine.Dans les cerises d'Alcina, je retrouve les cerises d'autrefois. Dans ses bouquets, les bocages lointains. Dans l'arôme des champignons, des recettes secrètes.
Ma gratitude est teintée d'émotion, Elle me gêne un peu, cet embarras lui suffit.
Elle est comme cela, Alcina.
11 juin 2008
10 juin 2008
Cela commence par un test. Un test de grossesse. De ceux que l'on achète comme des tickets du Millionnaire, juste pour voir si la chance sourit. Le temps de l'imprégnation, la peur est aussi forte que le désir. Et puis il y a eu tant de tickets vains que l'on n'y croit pas, lorsque la bonne ligne s'affiche : vous êtes enceinte. Qui, moi ?
Et puis ces seins picotent, ces nausées sont affreuses, ces tocades pour du citron : tout au citron, le cheese-cake au citron, la marmelade de citrons, le poisson au citron, les haricots au zeste de citron, les tomates au goût citronné, le lait pour le corps à la citronnelle, le savon ménager au citron...
Et puis le ventre pointe, les échographies se succèdent, les crampes résistent la nuit; le jour, les minettes taille 38 frôlent notre corps embarrassé. Pataud, il poserait bien son fardeau le temps d'une petite robe.
Accouchement. Ce corps chaud, gluant, glissant, petit, que l'on vous tend, relié à un gros cordon nacré. Les larmes, les rires, les larmes, les rires. Regards vers le père.
Des années après, l'enfant tarde à rentrer, l'enfant peine en classe, l'enfant fiévreux, la peur de la mère. Et sa fierté face à ce géant d'elle.
9 juin 2008
8 juin 2008
5 juin 2008
4 juin 2008
3 juin 2008
Telle Justine de Durrell, je pratique depuis longtemps la bibliomancie. Comment je fais ?
Je vais vers une pile ou une rangée de bouquins. Je ferme les yeux, mes mains caressent les livres jusqu'à en retenir un (Parfois, je les reconnais rien qu'à les frôler. Il ne faut pas tricher, attention !).
Je l'ouvre et en choisis au hasard, toujours à l'aveugle une page, puis une ligne. J'ouvre les yeux et je lis :
"Comme tous les hommes de Babylone, j'ai été proconsul; comme eux tous, esclave; j'ai connu comme eux l'omnipotence, l'opprobre, les prisons".
(La loterie à Babylone, Fictions de Borges).
Bien... qu'est-ce que j'en fais ? Haussement d'épaules, songerie, oubli.
2 juin 2008
1 juin 2008
30 mai 2008
29 mai 2008
Joao Gilberto, Elis Regina, Marisa Monte, Antonios Carlos Jobim et Chico Buarque chantaient aujourd'hui leurs airs brésiliens. J'avais été les chercher, pensant ne pas les connaître. Mais un disque de Stan Getz m'avait familiarisé à leurs classiques.
C'était sûrement trop facile.
Sara Tavares, Cesaria Evora.
"Plus bas, plus bas !", me soufflaient les rythmes assourdis.
Nigeria : Femi Kuti étranglait les cuivres de sa musique funk, souple, nerveux, clairement sombre et vindicatif, comme son père.
28 mai 2008
27 mai 2008
Dans ce carnet défilent les jours, les semaines, les saints et les saisons. J'y inscris scrupuleusement la liste des dossiers en cours, les congés des collaborateurs, les dates de réunions, la répartition des travaux entre auteurs. Les vacances.
Cet agenda ne livre rien de mes journées réelles, de ce qui est impalpable. Les rires, les songes, la contemplation furtive d'un ciel gris.
26 mai 2008
Dans Le parti pris des choses, le poète compare l'automne à une tisane froide.
Mai là, c'est le printemps, rien à voir !
Pourtant...
Je filais sous la pluie ce soir, dans les rues bordées d'arbres.
Des arbres épaissis par des kilos de feuilles fraîches, vertes.
Soudain, une odeur de tisane emplit l'atmosphère.
Insolite.
La pluie sur les tilleuls en fleurs, additionnée à la chaleur orageuse avait créé les conditions idéales pour rappeler le parfum des tasses de tisane, si vives sous la lumière crue de la cuisine.
On les buvait, enfant, pour apprivoiser la nuit, avant de regagner les lits de plume aux draps rèches frais.
Obscurité.
Au-dehors, la campagne parlait mystères. Des vers luisants créaient des éclats phosphorescents au pied des tilleuls.
25 mai 2008
24 mai 2008
23 mai 2008
22 mai 2008
20 mai 2008
19 mai 2008
18 mai 2008
DOUBLE VIE DE VERONIQUECe soir, nous avons revu La Double vie de Véronique.
Avec Irène Jacob, Philippe Volter.
Film de Kieslowski, primé à Cannes.
Musique essentielle de Preisner.
Années 90, tout début.
Cracovie, Clermont-Ferrand, Paris Saint-Lazare.
Deux filles, deux voix, deux pères, deux absences de mère.
Deux marionnettes.
La musique impressionnante, la beauté fraîche d'Irène Jacob, le visage fin et soucieux de Volter.
Les luminosités typiques, le jeu de la caméra.
Pas envie de faire des phrases
Pas envie.


































