UN ALLER-RETOUR POUR DES BEIGNETS-HARICOTS
Les murs des villes affichent une scène de petit-déjeuner insolite : une fillette poursuit sa nuit sur une tranche de pain de mie industriel. Tranche épaisse, moelleuse à souhait.
Les enfants sont il est vrai habitués en Europe à consommer des aliments mous : le pain de mie, le pain au lait, la brioche, le knacki, le hamburger, le kebab, le steak haché, le poisson pané, la purée en flocons, les bonbons gélifiés, les chewing-gums...
Les enfants ignorent presque l'arête, le nerf, la fibre.
Au Cameroun, des enfants se nourrissent encore dès le matin de beignets haricots.
Coup d'oeil dans la gamelle : les haricots rouges sont imprégnés d'une sauce à base de tomates, d'oignons, de piments (le chili sans carne si vous préférez).
Les beignets ne sont pas ces boules fourrées de confiture et saupoudrées de sucre glace, vendues un peu partout en France, notamment sur les plages.
Ce sont là des bouchées de pâte frite (levure de boulanger + eau tiède + sucre + farine) qui remplacent le pain.
Les commerçants chinois installés à Douala auraient industrialisé le marché, lequel a raréfié la présence des mamas makalas ou mamas beans, légendaires reines du petit déj' local. Ces Togolaises fournissaient à chaque coin de rue l'écolier comme le maître.
4 mai 2008
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Collé-serré
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