15 mai 2008

HENRY MILLER


Dans le Voyage du Condottière, André Suarès part d'un postulat : si l'on peut tomber fou amoureux d'un être, alors, on peut aimer aussi intensément une ville.
Le Condottière est donc en quête d'une ville, traverse l'Italie et finit par rencontrer Sienne la bien-aimée.

Il n'est pas question de Suarès ici, je sais bien.
Mais d'Henry Miller.
La vie nous fait croiser des êtres, et certaines rencontres sont marquantes.
Etres de chair, êtres d'encre et de papier.

C'est ainsi qu'Henry Miller a pris place dans ma vie.
Cela a commencé comment cette histoire ?
A vrai dire, je crois que des amis me l'ont présenté :
il y avait Cendrars et Durrell, et Anais Nin.
Trois amis de bon conseil.


J'ai été bluffée par la liberté du bonhomme, par l'écriture foisonnante.
Parfois j'en ai eu assez de lui, tant il allait loin.
Mais invariablement je reprenais le fil de ses narrations.

J'ai à cet instant sous les yeux Max et les phagocytes, paru aux Editions du chêne en 1947. C'est un ensemble de nouvelles (dont Via Dieppe-Newhaven, paru depuis en poche dans l'Oeil qui voyage).
Allez, un passage pris au hasard restitue la pensée de Miller (Fragments de la crucifixion en rose) :
"Aller de l'avant en se cramponnant au passé, c'est traîner avec soi les boulets du forçat. Le prisonnier n'est pas celui qui a commis un crime, mais celui qui se cramponne à son crime et ne cesse de le revivre. Il n'est pas un de nous qui ne soit coupable d'un crime : celui, énorme, de ne pas vivre pleinement la vie".