
FLEURS DE MARIANNE
Midi, soleil chaud. Nous roulions dans la ville étale, traversant les localités franciliennes.
Par ce dimanche, une femme noire attendait le bus, à l'ombre d'un abri.Une femme parée comme à Cotonou, d'un boubou froncé et vaste, coiffée d'un foulard assorti magnifiant son teint, l'ovale de son visage, le sombre attrait de sa pupille.
Plus loin, deux autres.
J'ai alors songé aux Alsaciennes, aux Bretonnes qui (ex-)portèrent leur costume régional autrefois.
Je me suis dit : il faut regarder ces femmes, il faut apprécier leur coquetterie; bientôt, il n'y aura plus de femmes ainsi vêtues, même le dimanche à midi, avant un repas de famille, même par un soleil chaud.
Les filles de ces femmes seront vêtues comme tout le monde : H et M, Zara, C et A.
Une silhouette en boubou à un arrêt de bus par un dimanche de printemps, c'est peut-être l'expression de la pauvreté et de l'immigration.
C'est aussi l'expression d'un monde qui change, d'une société qui assimile ses différences comme autant de richesses.
Et le boubou de l'abribus est l'une des plus jolies fleurs de Marianne.
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