PETITE CHAMBRE VERTE
Le temps passe et ceux qui ont accompagné nos premiers pas meurent.
Et c'est nous, adultes qui vivons avec ces piliers terrassés.
Nous pensons à eux, nous leur parlons, nous les pleurons encore.
Nous voudrions bien les écouter enfin, et repassons en boucle ce que notre mémoire a gardé d'eux.
Nous imaginons ce qu'ils penseraient des situations contemporaines. Nous les incarnons dans d'improbables séquences personnelles : mémorisation d'une démarche, d'un regard, d'un sourire, d'une voix, du rire.
Jeu personnel en cas d'ennui : imaginer qu'il ou elle (le/la disparu/e) apparaît parmi nous soit au travail, soit ailleurs.
Petit scénario cruel, vrai leurre.Difficile d'accepter notre condition d'être vivant, nos trajectoires solitaires.
La disparition de l'un est indépendante de notre propre disparition, en tant qu'individu.
Même si nous périssons tous au final.

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