JAUNE LA SEINE
Ces jours, la Seine est lourde, jaune, opaque.
Sur le pont, des narcisses en jardinière composent autant de silhouettes florales penchées vers la masse liquide.
Au loin, vers Clichy, un train de banlieue fait un trait sur l'horizon.
Miss Glu glisse sur la route.
Au loin, vers Puteaux, la Défense fait des traits verticaux.
Les voitures roulent près des vélos. Elles trouvent toujours que les vélos prennent trop de place. Elles les hèlent et les invectivent. En fait, elles en ont peur, elles ont peur de l'accident. Elles préféreraient qu'ils n'existent pas les vélos. Quand les bouchons les agglutinent, les voitures envient les vélos, si souples, si légers, si rapides. Si malins.
Et si Miss Glu frôle de la main la tôle de l'une d'elles, c'est une réaction épidermique qui suit : Klaxon hystérique. Miss Glu revient vers la voiture, fait toc-toc à la vitre. Sourire . "C'est moi qui ai eu mal, votre carrosserie,elle n'a rien...".
Les trois S.
Silence. Sourire. Salut.
Ces jours, le ciel est lourd, gris, opaque.
Sur le pont, des renoncules en jardinière composent autant de silhouettes étirées vers la masse condensée.
Au loin, vers Clichy, un autre train de banlieue fait un trait sur l'horizon.
Miss Glu glisse sur la route.
Au loin, vers Puteaux, la Défense fait des traits verticaux.
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